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Non, le Burundi n’est pas l’enfer sur terre

Après la publication sur Yaga d’un billet expliquant le désintérêt de la Communauté internationale face à la situation qui prévaudrait dans notre pays, Lionel Nubwacu, conseiller à la présidence du Burundi, a tenu à réagir et fustige des affirmations qui ne tiendraient pas en compte de la réalité sur terrain.

*les réactions de nos lecteurs n’engagent pas Yaga

Dans un texte sur Yaga Burundi, le journaliste Gilbert Bukeyeneza part du postulat selon lequel le Burundi n’intéresserait pas la Communauté internationale à cause de son poids économique jugé trop faible. Un constat qu’il accompagne par des chiffres douteux pour illustrer une situation économique proche de la catastrophe. Bref, ce texte fait tout pour présenter le Burundi  comme étant au bord du gouffre, un enfer sur terre dont les habitants sont des damnés à qui la Communauté internationale a tourné le dos à cause de leur pauvreté.

Et pourtant, la situation n’est pas aussi horrible qu’on voudrait le faire croire, les habitants de Bujumbura ne me contrediront pas, elle s’améliore au jour le jour et contrairement à une certaine opinion, le référendum n’est pas venu enterrer tout espoir d’une « solution négociée » !

Dans un communiqué, le Secrétaire général du gouvernement, Monsieur Philippe Nzobonariba, a indiqué de manière claire la position du gouvernement Burundais par rapport au dialogue : « Le dialogue va se poursuivre mais il ne devrait pas constituer un frein aux autres étapes du processus démocratique. » C’est là la position du Gouvernement, parler « d’arrêt du dialogue » est  un abus de langage.

Le dialogue est une vertu typiquement burundaise, ancrée dans nos traditions. Nous n’avons pas besoin, en tant que Burundais, d’une quelconque pression pour y souscrire. Le référendum est au contraire une étape importante vers le renforcement de la démocratie en dotant le pays des institutions solides, adaptées aux nouveaux défis auxquels le pays doit faire face dans le futur.  Inutile de revenir sur le respect de l’esprit et de la lettre des accords d’Arusha par la nouvelle constitution, la nouvelle constitution renforce ces accords, il faut se donner la peine de la lire.

Deux poids deux mesures

Le Burundi a déjà connu plusieurs crises depuis son indépendance en 1962, des crises dont certaines ont été qualifiées de génocide comme en 1972. Durant plus de 40 ans le Burundi n’avait fait objet que d’une seule résolution de la part du Conseil de Sécurité. Une seule résolution pendant plus de 40 ans de dictature, de génocide et j’en passe. Pourquoi personne ne se réfère à cette période pour parler du désintérêt de la Communauté internationale sur le Burundi ? Par contre,  depuis avril 2015, la donne a radicalement changé. Au-delà de plus d’une quinzaine de résolutions du Conseil de Sécurité, le Burundi a fait objet de plusieurs communiqués et réunions internationales, souvent sur base d’informations biaisées dont les visés politiques étaient plus que visibles.

Souveraineté

Les sanctions, les résolutions belliqueuses n’ont jamais eu d’effet juste parce que les Burundais ont dit NON. Chaque fois que ce qu’on appelle « Communauté internationale » a voulu attenter sur une petite parcelle de la souveraineté de leur pays, les Burundais se sont levés comme un seul homme pour protester. Nous avons tous en mémoire les foules immenses qui battaient le pavé dans les rues de Bujumbura chaque fois qu’une résolution hostile, une déclaration, un rapport biaisé et mensonger sur le Burundi faisait la une des journaux. Dire que la « Communauté internationale » n’a que faire du Burundi est faux, par contre elle s’est « trop intéressée au Burundi » et ce de la plus mauvaise des manières.

Quant à comparer le Burundi avec d’autres pays comme le Kenya, c’est oublier que notre pays  a ses propres particularités, sa propre histoire.

Sinon, la situation économique du Burundi n’a rien à envier à ses autres voisins, nous avons nos lacunes et nos difficultés certes, mais nous nous en sortons mieux :  nous avons pu survivre aux sanctions coupe-gorge imposées par l’Union Européenne, personne ne devrait nous blâmer pour cela.

 


A relire : Le Burundi, ce petit pays délaissé par la communauté internationale

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Les commentaires récents (2)

  1. Quoi de Neuf mis à part la chanson:  » Souvernaité, complot, le passé qui n’est pas pure ou qui est pire, paranoia… » C’est devenu un véritable Mwaramutse Maria pour les défenseurs du pouvoir…face à tous les argumentaires qui parlent des faits précis, des chiffres.. ! J’imagine un film à La Haye où devant la barre…un gar réplique devant les accusations précises  » …On était indépendant, souverain, on pouvait tuer qui on veut, et d’ailleurs pourquoi me le demandez vous, j’ai fait plus bon que 1972…1993, et on avait peur que ces bakoloni revienne… » !

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