article comment count is: 1

Basket-ball : où sont les toilettes au terrain Toyota de Gikungu ?

Le terrain de Basket-ball de Gikungu communément appelé «Toyota» n’a ni vestiaire pour les joueurs ni latrines des spectateurs. Néanmoins, il accueille les plus grands matchs de ce sport au Burundi. Une situation insupportable pour le journaliste-blogueur Égide Nikiza.  

Samedi 22 avril. Les amateurs du ballon orange ont droit à l’un des matchs les plus envoûtants du championnat de Bujumbura : Gymkhana contre Urunani.

Ce spectacle sportif a lieu après le bras de fer entre New stars et Kern. Une rencontre qui n’est pas des moindre non plus. La première équipe a de bons antécédents, l’autre est une étoile montante.  

J’ai déjà assisté par le passé une seule fois à un match à ce stade. C’était en 2013. Cependant, mon histoire avec ce jeu remonte en 2011 lorsque le Burundi avait alors accueilli les jeux militaires des Etats membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est.

Je renoue  avec mon ancien amour ce samedi 22 avril. Entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Je suis devenu journaliste. Désormais, je suis plus curieux que je ne l’étais en 2013. Autour de moi, je vois des gens de différents âges et catégories socioprofessionnelles. Adultes, jeunes, enfants, etc., ils sont venus s’amuser.

Pendant le match, je ne cesse de regarder devant moi, derrière moi et autour de moi. Je cherche en fait des toilettes. J’interroge un voisin. Sa réponse m’interloque au point de ne pas en croire mes oreilles : «Il n’y en a pas».  Inadmissible ! Un terrain d’un jeu aussi rassembleur dépourvu d’une construction essentielle ? Oui, pas de petit coin!

Mais à quoi pense la Fédération ? Les latrines ne sont pas un luxe inutile, c’est plutôt une nécessité pour la santé. Et quand les arbitres sifflent la mi-temps, mon cœur se serre. Le terrain n’est pas aussi doté de vestiaires. L’une des équipes se met sous  un arbre. L’autre est à quelques mètres sous un soleil de plomb.

Les plus concernés, qu’en pensent-ils ?

Tous parlent d’une même voix. La construction d’un vestiaire et des latrines doivent être une priorité des priorités de la Fédération. Vera, basketteuse de l’équipe ‘‘Les Gazelles’’, n’en revient pas. Les joueurs doivent toquer sur les portes des habitations des environs quand ils ont une petite envie. «C’est honteux, nous allons nous soulager dans un bar voisin dénommé Marmita».  

Et conséquences du manque d’un vestiaire, poursuit-elle, les joueurs se changent après les matchs au vu et au su de tout le monde. «Pire, nous autres filles, nous allons nous dissimuler au milieu des véhicules, dans les champs d’à côté, etc». Cette passionnée du basket-ball indique que cela n’a rien de valorisant.

Pour Aaron Kagabo, entraîneur de l’équipe Urunani, un vestiaire fera du bien aux usagers de ce terrain. «Pendant la mi-temps, les joueurs s’y reposeront». Il dotera ce terrain d’un confort qu’il n’a pas pour le moment.

Cependant, M. Kagabo estime que la Fédération seule n’en sera pas capable sans sponsors. «Les dividendes résultant des tickets d’entrée lors des matchs ne peuvent pas permettre l’aboutissement de ce projet». Pour lui, à défaut des financiers, il faudra revoir légèrement à la hausse le ticket d’entrée si vraiment la Fédération fait de la construction d’un vestiaire et des latrines un objectif.  

Elvis Hakizimana alias Gafyisi, meneur d’Urunani, n’est pas du même avis que son entraîneur quant à la provenance des moyens. «Les amateurs du basket-ball n’en ont pas pour financer eux-mêmes ce projet à travers les tickets». Il privilégie essentiellement le sponsoring des partenaires.

Aimé-Christian Nibigira, président de l’Association des clubs de basket-ball amateurs de Bujumbura (ACBAB), tranquillise : «Le projet de construction du vestiaire et des latrines va bientôt commencer. C’est la priorité numéro un».

Nibigira affirme que ces deux constructions lui tiennent particulièrement à cœur :«En principe, un endroit où se rencontrent des gens doit être doté de latrines».  Avant d’assurer que ce projet sera exécuté avant la fin de cette année.

Il ne reste qu’à croiser les doigts pour que ce projet ne devienne pas une promesse en l’air comme cet autre que les Burundais attendent impatiemment.     

 


A relire : Quatre points pour expliquer la crise de salubrité dans les hôpitaux Prince Régent Charles et Roi Khaled

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (1)

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.