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Ebola en RDC : pourquoi les Burundais devraient s’en inquiéter

La fièvre hémorragique Ebola a déjà fait 26 morts dans la région de Mbandaka en République Démocratique du Congo. Une campagne de vaccination y a récemment démarré. Au Burundi, un pays limitrophe, personne ne semble s’en préoccuper. Malheur !

Un Burundais qui se trouve à l’article de la mort peut vous étonner quand il vous parle de son état de santé. « Je me porte comme un charme » n’est pas totalement à exclure comme réponse de la part de l’agonisant. Les étrangers eux-mêmes s’en émerveillent. « Les Burundais sont cool. Ils gardent le sourire malgré une foule de problèmes qui les hantent‘ », m’a glissé un jour un jeune Français qui était stagiaire dans une de ces institutions que la coopération implante par-delà le monde. Mais là, face à Ebola, notre zen attitude risque d’être plus notre ennemi que notre allié. Une horreur nous pend au nez!

Ma peur, être dans un pays Ebolacompatible

Une petite promenade suffit pour vous foutre une trouille bleue. Des petits restaurants où les règles d’hygiène les plus élémentaires sont bafouées sont légion. Au pays de Mwezi Gisabo, nous faisons le recyclage à notre manière. Une eau qui a servi à se laver les mains est dans quelques instants celle qui fait la vaisselle puis la lessive des serviettes jaunes-noires (jadis blanches) avant de finir versée dans un égout bouché depuis des lustres.

Inutile de parler de ce sport national que nous maîtrisons avec brio: un sprint, défaire sa ceinture et glisser sa fermeture Éclair pour faire ses besoins au bord de la route.

Tout ça fait quand même peur quand il y a Ebola chez notre voisin de l’Ouest. Et si le pire se produisait, serions-nous prêts ? Nos hôpitaux qui n’ont rien d’un hypocondriaque risquent d’aggraver la situation. La saleté, le nid douillet d’ebola, s’y la coule douce. En témoignent quelques cris. Certains parleront même d’hôpitaux-poubelles voire mouroirs.

Eurêka ! la pierre

« Ibuye riserutse ntiriba ricishe isuka », nous dit la sagesse burundaise. Une catastrophe comme ça a été le cas pour la Guinée, Sierra Leone et Libéria  doit servir de leçon parfaitement maîtrisée. Les autorités devraient vraiment se mettre en quatre pour que sur nos collines où nos petits transistors font résonner en boucle Sagamba Burundi  et Il est beau mon pays  ne soient pas des lieux d’élégies et de désolation comme cette sale épidémie sait bien le faire.

 


A relire : Santé Publique : la pierre angulaire qui a été rejetée par les médecins burundais

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