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Industrialisation de l’Afrique : tout le monde a un rôle à jouer

Du 7 au 9 mai dernier, s’est tenue à  Abidjan l’édition 2018 du Forum de la Société Civile organisée par la Banque Africaine de Développement. Plus de 200 participants venus de quatre coins de l’Afrique, représentants des associations, des ONG, des entrepreneurs,… échangeaient sur comment « engager la société civile pour accélérer l’industrialisation de l’Afrique ». Parmi les invités au forum, des blogueurs provenant du Burundi, du Congo, du Maroc, de la Zambie et de la Côte d’Ivoire pays hôte, qui se sont mutualisés pour partager en direct les discussions sous les hashtags #CSOForumAbidjan et #IndustrializeAfrica.  

Pendant les 2 jours, au siège de la BAD, les échanges en plénière et en ateliers parallèles ont été très intenses et se sont tous focalisés sur les moyens de collaboration des différents acteurs impliqués dans le développement de l’Afrique en général et l’industrialisation en particulier. Ces acteurs sont notamment la BAD, les gouvernements, la société civile ainsi que le secteur privé.

Parler de l’industrialisation de l’Afrique est quelque peu complexe : l’Afrique est un continent de 54 pays et chacun d’eux a son histoire et son contexte. Ce qui devrait être pris en compte d’ailleurs. Célestin Monga, Economiste en Chef de la BAD annonçait la couleur des débats avec son diagnostic des barrières à l’industrialisation : « la plupart de nos pays sont bloqués par le manque d’estime de soi qui fait que les africains eux même dénigrent leur produits et préfèrent ceux d’Europe, le manque de confiance qui bloque également plusieurs jeunes d’aller jusqu’au bout de leur idée et en faire des projets viables, le manque de curiosité intellectuelle qui engendre un déficit de connaissances ce qui handicape pas mal d’initiatives qui meurent après quelques temps de démarrage , la carence de leadership en matière de développement économique, ce qui ralentit ou bloque complétement les projets de développement des pays concernés et enfin le cercle vicieux des conflits qui remet toujours au point de départ tout genre de développement », a étalé  l’économiste qui a ensuite ajouté « le refus de travailler en réseau ou en communauté, et la corruption qui gangrènent plusieurs Etats africains ».

Les énergies renouvelables, une piste mais…   

La question de l’électricité et de l’énergie est revenue sur la table plusieurs fois.  Beaucoup ont été ceux qui sont pour des énergies renouvelables nombreuses en Afrique et qui peuvent être exploitées sans peur d’être épuisé. « Vous ne pouvez-pas industrialiser un pays sans électricité ni énergie », a indiqué Pierre Guislain Vice-Président des infrastructures du secteur privé au sein de la BAD. D’autres ont émis des réserves : « les énergies renouvelables sont bonnes pour éclairer les ménages mais pas pour faire fonctionner des usines et industries ».

L’autre solution recommandée est le développement et l’industrialisation inclusive basée sur l’agriculture. Ceci en créant des industries autour des unités de production pour que les récoltes ne soient pas tout le temps exportées à l’étranger. « L’Afrique possède 60% des terres arables dans le monde.  Pourtant, c’est elle qui importe le plus de nourriture » a deploré Kapil Kapoor Directeur de la stratégie et des politiques opérationnelles. Selon un participant, la BAD devrait aussi focaliser leur financement sur une agriculture qui nourrit l’Afrique plutôt que celle qui alimente les industries européennes. De l’autre côté, les entrepreneurs agricoles  doivent s’aider mutuellement sans toujours compter sur la banque en se constituant en réseau et en réinvestissant leurs bénéfices. Mais malheureusement, « en Afrique entreprendre dans l’agriculture a toujours une dimension péjorative alors que c’est un secteur très prometteur », a regretté  le même participant.

Tous les regards sur la BAD

Constat unanime sur les facteurs indispensables pour une industrialisation et un développement durable de l’Afrique : la BAD devrait s’assurer que l’argent qu’il donne aux banques commerciales vient en aide aux PME (Petites et Moyennes Entreprises) et PMI (Petites et Moyennes Industries). Elle devrait aussi passer également par les banques de développement locales qui sont plus proches aux PME.  Mais tout cela nécessite une éducation formelle et l’alphabétisation des personnes adultes.

L’assemblée n’a pas manqué de revenir sur paradoxe d’un continent riche en sous-sol, une richesse achetée en amont par l’Occident à des prix insignifiant pour constituer en aval le marché des produits finis made in France, USA, Germany,…vendus à des prix exorbitants.

A la fin de deux jours de discussions, un comité mixte composé par des représentants de la Banque Africaine de développement et des différents membres de la société civile de différents pays a été présenté à l’assemblée. Sa mission : continuer à relayer les sollicitations et plaidoyers auprès de la BAD. Notons que la banque a pris l’engagement de participer désormais à l’organisation des prochains rassemblements de la société civile.

 


A relire : Pas de développement, pas de paix. Simple!

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