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Au Burundi, quand le paraître prime sur l’être

La société burundaise se révèle parfois injuste et porte des jugements hâtifs sans aucun fondement logique. C’est le constat du blogueur Tanguy Irangabiye.  Révolté, il nous confie le témoignage d’un jeune burundais bardé de diplômes qui a dû s’exiler à cause de sa coupe de cheveux et des préjugés qu’elle entraînait.

Carlos est un jeune burundais dans la vingtaine fraîchement venu d’Amsterdam. Il vient de décrocher un diplôme de Master en Informatique robotique et il a l’intention de s’installer au pays de ses ancêtres  et faire valoir les compétences acquises en Europe.

Son initiative louable et sa bonne foi se verront malheureusement pulvérisées par son entourage : Carlos a des dreadlocks sur sa tête! Si ses parents n’y voient aucun inconvénient, les voisins, les tantes, les grands-pères et grand-mères se lamentent comme quoi il n’a plus toute sa tête, que c’est un voyou, que son séjour au Pays-Bas n’aura servi qu’à faire de lui un bon à rien. À chaque fois qu’ils le voient avec ou sans son bonnet aux couleurs panafricaines, ils ne cachent pas leur profonde désapprobation. Son oncle paternel, très conservateur, n’arrive pas à le digérer sous prétexte que quiconque a une chevelure qui s’apparente à celle des rastas est de facto un drogué sans aucun scrupule. Ce qui n’est pas du tout le cas pour Carlos.

Au moment où le Burundi avait le plus besoin de lui, Carlos n’a pas eu d’autre choix que celui d’aller s’installer au Rwanda voisin parce qu’il lui a été difficile de concilier son boulot avec les états d’esprit de certains collègues de travail et surtout de ses proches parentés. Il se sentait coincé, submergé, tiraillé de tous les côtés.  

« Au moins de l’autre côté de la Kanyaru, on n’a pas besoin de savoir le nom de ta coupe de cheveux, tes croyances, ou tes préférences sexuelles pour te faire un poste que tu mérites. Et même s’ils arrivaient à découvrir tout ça, il n’y a aucun rapprochement avec le travail qu’on fait, du moment qu’on le fait bien.», confie-t-il.

Société discriminatrice

Je n’ai rien contre la société burundaise, mais la façon dont certaines personnes se permettent de porter des jugements définitifs vis-à-vis de leurs pairs me laisse un goût amer. Carlos a été mis au ban de la société à cause de sa coiffure, d’autres c’est pour leur habillement (les femmes et les mini-jupes en savent quelque chose), leur démarche (hé oui) ou leur orientation sexuelle. Cette discrimination institutionnalisée, une des mauvaises tares dont on ne peut malheureusement être fier, est contre-productive, car les gens qu’on rejette peuvent être des atouts.

Pour ma part, je soutiens qu’il n’est jamais bon de se faire une idée sur quelqu’un(e) à partir de simples préjugés. C’est là que le racisme, l’ethnisme et autres fléaux humains prennent leurs racines. Pourquoi prendre  un temps fou pour coller une étiquette sur le dos de quelqu’un au lieu de se concentrer sur ses projets ? On a assez souffert des histoires de nez, maintenant ce sont les cheveux ? Que faudrait-il qu’on fasse pour faire comprendre à notre société que le plus important n’est pas qu’on lui ressemble point par point, mais qu’on l’aide à se développer.

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Les commentaires récents (1)

  1. Tu as raison, mais aujourd’hui de moins en moins, du moins quand j’etais encore au pays car je ne connais pas ce qui s’y passe maintenant. Mais de mon temps a la radio Isanganiro nous avions essaye de casser ces prejuges contre les natty dreads folks et ca avait marche. Qu’est- ce qui se passe maintenant? Je n’en sais plus. Je regarde devant and happily wear my dreads locks with my head high