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Gestion des risques et catastrophes naturelles au Burundi : que faire ?

Les 30 derniers jours, le Burundi a connu plusieurs catastrophes naturelles avec les inondations-monstres qui ont noyé les quartiers Carama et Buterere ces 13, 24 et 26 avril. Pourquoi, et surtout que faire pour y remédier ?  Quelques pistes de réflexion avec notre contributrice Painette Niyongere.

Les catastrophes naturelles font rage au Burundi. Le 16 mars dernier, un éboulement de terrain a fait au moins neuf morts et six blessés à Mutimbuzi. Presque au même moment  au nord de la capitale, un étage de trois niveaux s’écroulait sur des maçons qui le bétonnent. Il ne manquait plus que les pluies diluviennes pour compléter la liste. Les dates du 13, 22 et 28 avril resteront gravées dans la mémoire des citadins du nord de la capitale. Surtout pour les habitants de Carama et Buterere. Les dégâts matériels et humains occasionnés par les trombes d’eau venues de plus en hauteur sont énormes : plus de 511 maisons détruites, 2576 personnes sans-abri dont 1918 sont des enfants , des petits enfants noyés, des champs emportés, des routes impraticables. Imaginez aussi tout le risque sanitaire que peuvent engendrer un cimetière, des latrines, fosses septiques et puits perdus inondés et débordés.

À qui la faute ?

« Il y a eu une pluviométrie très dense au Burundi », rappelle le Commissaire de police Antoine Ntemako, directeur général de la Protection civile. Mais ce serait très facile a priori, de dire que tout cela est la faute à la pluie, à la nature.  Qui fragilise le sol en dénudant les collines surplombant la ville de Bujumbura ? Qui viole le code de l’environnement par des maisons et cultures le long des lits des rivières ? La faute revient à toi, à moi, à l’homme burundais, sans oublier le  manque de volonté des autorités.

Ces derniers devraient être les premiers à s’atteler à des travaux d’agrandissement des caniveaux de canalisation et curage des rivières, à s’assurer que les infrastructures en construction respectent les normes, etc.

Vaut mieux prévenir que guérir

Nous peuple murundi, mettons- nous au travail, avec les conseils du Président de la République. Dans son allocution du 1er mai 2018, à Rutana, S.E. Pierre Nkurunziza a lancé un message qui nous interpelle: « Traçons les courbes de niveau de grande taille, plantons des arbres et herbes fixatrices, construisons des gouttières et réservoirs d’eau de pluie, évitons de provoquer les lits de rivières par des constructions anarchiques et des cultures tout près des berges ».  

Quant aux autorités, suivez les conseils de Jean-Marie Sabushimike, professeur en géologie à l’Université du Burundi : « Élaborez une cartographie détaillée des zones à risques, et initiez d’urgence une politique nationale avec des lois  qui veilleront à corriger et prévenir certaines erreurs humaines en matière d’aménagement du territoire au Burundi. »

L’histoire démontre que les dangers, surtout naturels, ne peuvent pas être empêchés. Mais elle démontre que plus la population se prépare à y faire face, plus il est probable que le danger n’entraîne pas de catastrophe.

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