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Twittoscopie : le Melchiadegate ou le crapaud qui voulait avaler un bœuf

Cette semaine, les déclarations chocs et le procès éclair de Melchiade Nzopfabarushe, un membre du parti au pouvoir, ont dominé les échanges sur Twitter. Si certains félicitent la justice pour sa réactivité, d’autres dénoncent un appareil judiciaire instrumentalisé…

« Le lac Tanganyika et ses poissons adorent-ils de l’opposant ? », peut-on se demander après avoir écouté les propos de l’ancien haut fonctionnaire de l’État, Melchiade Nzopfabarushe. Pensait-il bien agir ou œuvrer dans l’intérêt du parti ? Certaines langues pensent que oui. Elles dénoncent par ailleurs une idéologie qui est enseignée aujourd’hui aux militants du Cndd-Fdd. Mais le parti au pouvoir n’a pas attendu pour condamner les propos.

Cette vidéo où l’on appelle clairement à la haine des opposants au référendum s’est retrouvée sur les réseaux, comme toujours, « par hasard ». Elle a fait le tour du monde en moins de quelques minutes, comme la plupart d’autres d’ailleurs. Mais celle-ci n’a pas laissé le parti de l’aigle indifférent. Condamnation du parti, incarcération à la prison centrale de Bujumbura, procès en flagrance et condamnation… tout était coordonné à la seconde près.

Que faut-il le plus condamner ?

Si quelqu’un me posait la question de savoir ce qui m’a le plus choqué dans cette vidéo, ce ne serait nullement les propos de ce monsieur. Visiblement sa place ne serait seulement pas en prison mais aussi dans un hôpital psychiatrique et à sa sortie dans un centre de formation patriotique pour apprendre à aimer son compatriote.  

Le plus insupportable est de voir ces très jeunes enfants autour de lui, à qui on inculque la culture de la haine, le suivre de manière religieuse comme un père blanc. Quelle leçon retiendront ces gamins à la sortie de cette école de la honte ? « Mr Melchiade nous a dit que les mukeke raffolent de l’opposant. Pour en avoir plus, il faudrait les foutre dans le Tanganyika ». Pauvre de nous.

Sur les réseaux sociaux, il y a d’abord eu le silence ensuite les langues se sont déliées. Tout le monde ou presque a été unanime à saluer la condamnation pour incitation à la haine. « Ces propos incitatifs à la haine et à l’intolérance politique n’ont pas de place dans notre société», disaient les twittos.  Notre monsieur croyait-il bien faire ?

La réponse de l’opposant

Quoique les chefs d’accusation ne soient pas les mêmes pour Rukuki, certains opposants sont allés jusqu’à rappeler à quel point la justice burundaise reste instrumentalisée. Trois ans seulement pour Melchiade (incitation à la haine) et trente-deux ans pour Germain Rukuki (participation à un mouvement insurrectionnel dans le but de changer le régime constitutionnel). Pour ces derniers, ceci reste incompréhensible.

Les commentaires sont parfois acerbes. Les Sindumuja, comme on les appelle, ne se sont pas contentés de l’événement du mois. « Cette sortie n’a plus ni moins ni plus mis en lumière un plan qui se prépare depuis très longtemps au sein du parti de l’aigle », pouvait-on résumer.

Ce qui n’a pas été apprécié par l’autre camp, qui ne cesse de rappeler que le génocide tant chanté et qui s’est constitué en fonds de commerce de l’opposition n’a jamais eu lieu.

Du reste, les opposants n’ont pas cessé de rappeler les nombreuses mises en garde et vidéos publiées et dont les responsables n’ont pas connu les mêmes sanctions.

Les yeux des Mamadou

Désormais vous aurez affaire à deux « impostures ». Ceci ne vous a certainement pas échappé. Vous êtes-vous cru en train de rêver ? Non, c’est bien vrai, Mamadou s’est dédoublé.  Désormais il faut faire avec les deux « Yeux » de Mamadou. L’un est MamadouParle et l’autre est mamdouparle. Disons qu’au Burundi l’esprit de créativité repose toujours sur celle des autres.

À la semaine prochaine.

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