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#MissBurundi : « Ce n’est pas toujours facile de gérer 18 grandes filles »

Après que des voix aient décidé de briser le silence sur les « dysfonctionnements » qui entoureraient l’événement Miss Burundi, Yaga a contacté « Burundi Events », chargée d’organiser la compétition. Des « promesses non tenues » aux « contrats non respectés ou quasi absents », en passant par les accusations de manque de soutien financier et médiatique aux lauréates après la finale, toutes les questions ont été posées. Interview-fleuve avec André Hakizimana, chargé de communication au sein du « Burundi Events ».

Les grognes sont nombreuses. Les Miss se lamentent et pointent du doigt votre organisation. Évoquons les accusations, une après une autre, et commençons par cette voiture pour la Miss, qui n’aurait pas été donnée comme annoncé…

Pour 2017, avec le couronnement de Miss Annie-Bernice, nous avions annoncé bien avant même l’élection une voiture de marque Allion nouveau modèle pour la nouvelle Miss. Malheureusement, cela n’a pas pu être honoré par notre partenaire qui nous l’avait promise. C’était en effet une promesse non écrite et nous reconnaissons l’erreur dans l’anticipation de l’annonce de ce prix. Mais cela étant, nous nous sommes automatiquement rabattus sur un plan B où nous avons offert à la Miss 2017 une voiture Vitz d’une valeur de 9 millions de francs burundais.

Les billets d’avion ?

C’est vrai, trois tickets d’avion à destination d’un des pays de la sous-région étaient promis à la Miss 2017 et ses dauphines par la société d’aviation Afra Airways opérant sur le sol burundais. Les correspondances sont disponibles écrites noir sur blanc. Mais la seule condition stipulée dans le contrat était que les tickets allaient être offerts une fois qu’un avion de ladite compagnie poserait ses pieds sur le tarmac de l’aéroport international de Bujumbura. Et jusqu’à maintenant, aucun de leurs avions n’est venu ici. Je ne sais pas pourquoi. Donc je ne vais pas entrer dans les détails  que je ne connais pas. La Miss Burundi 2017 et ses dauphines, même après leur année de règne, savent bien qu’elles seront à bord du tout premier vol d’Afra Airways car nous l’avons bien discuté dans nos réunions et la Miss possède une copie du contrat.

Après l’élection, la Miss se débrouille pour entreprendre son projet… N’est-ce pas injuste ?

Que l’opinion le sache : l’organisation de l’événement Miss Burundi n’a pas de fonds pour accompagner et soutenir financièrement le projet de la Miss élue. Tous nos sponsors nous aident dans l’organisation du début des activités jusqu’à la grande finale seulement. Ne pas satisfaire tous les besoins nécessaires de la Miss durant tout son projet nous touche bien évidemment. Mais cela reste un des plus grands défis qu’on doit sérieusement relever. Mais sur un autre plan, tous les projets ne nécessitent pas beaucoup de moyens pour être réalisés. Les réalisations de la Miss Burundi 2016 Ange-Bernice avec pratiquement aucun soutien à notre 1ère édition peuvent en être la preuve. La Miss actuelle, elle aussi a mis en marche de bonnes initiatives notamment en créant un site web où elle offre une visibilité et encourage de jeunes talents burundais. Nous voudrions que ces projets puissent être solides et consistants mais nous nous heurtons à une barrière de manque de soutien. Le ministère de la culture a promis qu’il va nous soutenir à partir de cette année. Toutefois, nous ne sommes pas encore au courant de la nature du soutien.

Les Miss disent aussi qu’elles se sont retrouvées reléguées au second plan côté communication…

La Miss n’a jamais été laissée à elle seule ! C’est faux ! Elle est appuyée, dans la marge du possible, administrativement et techniquement, par l’organisation de Miss Burundi. Nous gérons les affaires administratives de la Miss pendant toute son année de règne tout comme nous l’appuyons au niveau technique quand il s’agit de l’organisation de ses événements ou encore en matière de communication et de coaching. Personne parmi les élues ne va dire qu’elle aurait sollicité notre soutien dans ce sens et l’aurait manqué. Bien entendu, c’est difficile d’apporter ton apport à celui qui ne le sollicite pas.

Des déplacements officiels de la Miss et ses dauphines et un « boot camp » promis mais qui ne seraient pas assurés ?

La Miss et ses dauphines de 2016 se déplaçaient en voiture de l’organisation Miss Burundi. Comprenez bien que c’était notre première édition, il ne pouvait pas manquer certains contretemps, mais nous avons assuré leurs déplacements officiels en grande partie et selon nos moyens. Pour 2017, nous ne pouvions pas déplacer la Miss car elle a reçu une voiture comme grand prix et un chèque d’un million de francs burundais pour chacune de ses dauphines.

Le « boot camp » en 2016 ne pouvait pas avoir lieu à cause du contexte économique du pays qui nous touchait directement. Nous avons vécu beaucoup de réticence des organisations ou institutions que nous avons approchées. En 2017, nous n’avions pas promis de boot camp, mais pour la compétition de 2018, c’est parmi nos priorités de chercher un donateur pour cette activité. Nous savons que c’est très important  pour les candidates. Nous regrettons néanmoins qu’à nous seuls, sans partenaires, nous ne puissions l’organiser car il prendrait le tiers de notre budget.

Les Miss disent aussi que vous ne leur donnez pas assez de visibilité…

[Rires…] C’est moi-même qui suis responsable de la communication. Je ne cesse de rappeler dans nos réunions avec leurs dauphines que nous avons besoin des images de leurs activités afin de les publier instantanément sur notre site web et sur les réseaux sociaux. Elles doivent profiter, par exemple, de notre audience de plus de 20 000 personnes sur notre page Facebook. Mais des fois, je me retrouve non informé ou tenu au courant plus tard, et ceci est arrivé à plusieurs reprises. Vous comprenez qu’on ne fera pas de suivi pour quelqu’une qui ne communique pas son agenda à temps. L’équipe élue en 2016 était plus active, certainement que des fois je pouvais manquer de temps pour le faire tout de suite, mais ça ne dépassait pas une journée.

L’environnement moral pendant les préparations ne favoriserait pas les candidates à s’exprimer et évoquer certaines zones d’ombre notamment les clauses des contrats de peur de ne pas être retenues… Aussi, organiser la grande finale au mois de juillet serait égoïste car les Miss ne parviennent pas à avoir des sponsors à la fin de l’année…

Comment parler de peur de s’exprimer alors que les candidates elles-mêmes nous ont réunis un jour pour nous faire part de leurs soucis de déplacement pour les répétitions ? Nous avons vite débloqué à peu près un million de francs burundais pour s’assurer qu’elles participent à toutes les séances de répétitions et de coaching. C’est une bonne preuve d’une atmosphère conviviale. Pour le contrat, le seul petit incident survenu c’était lorsque notre conseiller juridique avait tardé de le finaliser alors que les préparatifs étaient déjà en cours. Les candidates étaient  inquiètes et réticentes mais nous avons discuté et expliqué l’erreur qui était la nôtre parce qu’on devait leur montrer le contrat tout au début des préparatifs. Nous comprenons la frustration et certaines attitudes…il faut dire que ce n’est non plus une tâche facile de gérer 18 grandes filles pendant un certain temps. Mais nous pouvons avouer qu’aucun contrat n’a été signé à la hâte et celui de 2018 est déjà bien établi.

Pour le timing, c’est tout simplement selon la licence d’exploitation de notre société Burundi Events, son programme et son agenda. À la fin du mois d’août, la Miss peut déjà avoir terminé à faire les prises de contact pour qu’avec le début du mois de septembre elle présente son projet qui peut être financé directement ou en début d’année. D’ailleurs c’est pour cela que nous avons introduit parmi les innovations un département de coaching en développement personnel et élaboration de projets. Nous voulons nous assurer avant la grande finale que nos candidates seront à la hauteur pour présenter et réussir  leurs projets. Certains pays organisent la finale vers la fin de l’année, d’autres au début et nous, nous avons choisi l’été.

 


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