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Burundi : une société en faillite ?

« Boost », grossesses en milieu scolaire, alcool, chômage, crise politique,…la jeunesse burundaise semble passer par toutes les affres. Pour notre contributrice Lylia Ndayizeye, ce ne sont que des conséquences d’une société démissionnaire. Coup de gueule !  

« Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir, est une société non viable. Une société à remplacer. », écrivait Frantz Fanon, en 1956 dans sa lettre de démission adressée au ministre résident Gouverneur de l’Algérie. Il ne pensait pas si bien dire.

– Mais qu’est-ce qu’elle nous chante celle-là, avec ses phrases toutes faites, d’une autre époque…une Sindumuja, sans doute!

Je vous vois venir, mais je n’en démordrais pas : la société burundaise est malade de ses hommes! Les parents, l’État, le ministère de l’Éducation, le ministère de la Solidarité, le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice et que sais-je encore… Personne n’a apparemment rien à faire de vous, jeunesse. Droguez-vous, saoulez- vous, faites des gosses à la pelle, prostituez-vous,… avec un peu de chance vous finirez seulement à la rue,  et dans le pire des cas, dans une tombe, avec le risque d’être vite déterré par les pluies diluviennes! Vous pensez que j’exagère? Que nenni.

– La Contribution aux élections de 2020, le référendum…c’est plus urgent! », direz-vous.

« Umwana ni uw’Igihugu », mon œil!

Ça cloche dès le départ  la vie d’un enfant burundais. Lorsqu’il ne meurt pas à la naissance dans ces hôpitaux- mouroirs, ou hôpitaux-poubelles, (faites-y un petit tour, et choisissez le terme le plus adéquat), lorsqu’il n’est pas emporté dans sa petite enfance par une malaria ou autres maladies infantiles, lorsqu’une voiture ou un câble électrique gentiment laissé béant ne le fauche… lorsqu’il aura prouvé sa toute-puissance en venant à bout, tel un Mc Leod immortel, à toutes ces petites imprévues, alors on le laissera se démerder pour le reste de ses jours sur cette terre, de larmes et de sueurs. Au Congo, on parle de l’Article 15: Débrouillez-vous! Ici, ce sera, Démerdez-vous!

Les parents (pauvres), après avoir rempli cette terre de trop de bouches à nourrir, sont trop occupés, pour les faire survivre, dans les champs, au marché, sur des chantiers, les laissant se démerder seuls. Les autres parents eux, ceux qui ont un peu de moyens, laissent le soin aux nounous de faire l’éducation de leurs enfants. Nounous qui, elles-mêmes, n’ont pas été éduquées. Même les sorties du dimanche en famille, se font avec la nounou, à croire que les enfants ont été conçus pour elle.

Quand le petit Burundais grandit, il est scolarisé, évidemment! (Je ne dirais rien sur la qualité de l’enseignement, sans la présence de mon avocat!) – Mais alors ceux que l’on voit à longueur de journée dans les rues?  Ils sont aussi scolarisés… à l’école de la vie! Et ceux scolarisés dans les établissements scolaires, et ceux scolarisés à l’école de la vie (la rue), beaucoup se retrouvent chez le même employeur: le chômage.

À qui donc la faute si les jeunes se recréent leur existence, dans la drogue, l’alcool et le sexe? Pourquoi faire les effarouchés aujourd’hui? – La mort leur fera sûrement moins de mal que cette société.

 


A relire : Dossier « Boost » : voyage au centre de l’enfer

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Les commentaires récents (1)

  1. Quelle amertume ! En effet, vers quel horizon notre société oriente-t-elle sa jeunesse ? Et on fait les étonnés de ce qui nous arrive ?

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