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#Boost : entre crime et business florissant

Au Burundi, le boost s’infiltre petit à petit dans toutes les couches de la société.  Au-delà des avertissements des experts sur les conséquences de la consommation de cette « drogue dure », elle trouve toujours plus d’adeptes, ces derniers n’ayant aucun problème à se ravitailler. Le blogueur Uzumaki a prêté sa plume à un ancien junkie sevré qui a dealé  dans son temps. Ce dernier raconte.

Depuis 2015, on assiste presque impuissant à la prolifération du boost, un produit qui entre sur le territoire à partir de la Tanzanie. L’étude « VIH et Réduction des méfaits parmi les usagers de drogues injectables » commandée par l’Alliance burundaise contre le Sida en collaboration avec le ministère de la Santé le confirme. Et plus elle passe entre différentes mains, plus cette  « héroïne » nous parvient coupée avec divers autres produits. Ce qui fait du boost un danger sanitaire qui vaut quand même de l’or.

Pour ne parler que de Bujumbura, ce stupéfiant a tellement le vent en poupe que l’on en trouve dans presque tous les  recoins de la ville, les établissements secondaires et les différentes universités étant des cibles de choix.

Une entreprise qui rapporte ?

En provenance de Mombasa ou Dar Es Salam grâce aux connections avec l’Asie, à son arrivée à Bujumbura, la dose est vendue à 3000 francs bu. Mais encore, la consommation du boost s’étend un peu partout sur le territoire. Dans les provinces comme Gitega, Kayanza et autres, la dose peut se trouver à 5000 francs bu. Il faut noter que quand nous parlons d’une dose, il s’agit d’1/25 d’un gramme d’héroïne coupée; c’est-à-dire qu’un gramme de ce produit est divisé en 25 doses. Si nous faisons un rapide calcul, nous nous retrouvons avec un dealer X qui gagne entre 75.000 francs (s’il vend la dose à 3000) et 125.000 francs (s’il vend la dose à 5000) pour juste un gramme.

Ceux qui débutent dans ce « business », avec un investissement de 600.000 francs bu par exemple, se procurent d’abord des petites quantités de 10 g. Ce qui fait qu’ils acquièrent la dose à 2400 fbu. Rien qu’avec ça, le bénéfice qu’ils peuvent se faire s’élève à 150.000 francs s’ils vendent la dose à 3000 francs et 650.000 francs s’ils la vendent à 5000 francs. Dans les faits, un dealer peut vendre jusqu’à 30 g par jour. Soit un bénéfice quotidien de 450.000 francs bu (pour 3000 francs la dose) ou 1.950.000 francs bu (pour 5000 francs la dose). Une vraie machine qui tourne à plein régime. Les plus gros vendeurs, eux, se fournissent pour écouler 1kg. En moins d’une semaine, plus de 60 millions de francs sont encaissés par ces « bonnes gens ».

Quant aux points de vente, les quartiers de la périphérie de la ville de Bujumbura comme Buyenzi, Kamenge, Kibenga et Gihosha se distinguent. Rien que dans le quartier de Buyenzi, plus de 20 points de vente peuvent être répertoriés. Ce qui démontre que beaucoup se sont tournés vers cette entreprise qui rapporte beaucoup plus que l’on pense.

Quid des dealers ?

En dressant le profil ou l’apparence que peut avoir un dealer, il en ressort surtout que ce sont des personnes plutôt discrètes, assez propres sur elles-mêmes et surtout qui ne consomment pas la marchandise qu’ils vendent. Des quidams qui passent inaperçus. Mais des personnes qui, manifestement, savent tirer profit du malheur, voire du mal-être des autres. Les dealers au Burundi n’ont vraiment rien à voir avec ceux que l’on voit à la télévision qui mènent « la grande vie ». Déjà que pour se procurer une dose chez un dealer il vous faut être parrainé, ce sont des gens qui sortent très peu de chez eux. Uniquement pour se réapprovisionner ou alors pour approvisionner les divers points de vente disséminés dans la ville de Bujumbura.

Ces « monsieur tout le monde » sont des personnes qui traînent beaucoup de casseroles comme pourrait le suggérer leurs activités peu orthodoxes. Ce sont surtout des personnes qui ont été actives dans la société et qui se sont retrouvés au chômage  d’un jour à l’autre, ou alors juste des personnes qui veulent se lancer dans le « business ». Si un lien devait être fait entre toutes ces personnes, cela serait plus l’appât du gain et un fort manque de sens moral puisqu’ils vendent leurs doses même à des enfants.  

Face à toute cette économie parallèle qui s’enracine ici au Burundi, il appartient plus à l’État d’endiguer cette épidémie avant que toute notre société, à commencer par nos enfants, n’en paie le prix.

 


Pour lire notre dossier en intégralité, cliquez sur https://www.yaga-burundi.com/categorie/boost/

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Les commentaires récents (1)

  1. C’est vraiment alarmant. il faut que l’état, au lieu de faire la sourde oreille, puisse faire quelque chose pour endiguer ce fléau avant qu’il se répande à grande échelle.

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