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Dossier « Boost » : voyage au centre de l’enfer

Cette drogue dérivée de l’héroïne fait des ravages à Bujumbura et dans d’autres grandes villes du pays.   L’administration commence petit à petit à comprendre qu’on fait face à une pandémie. Un rapport a été commandé en juin 2017, mais comporte toujours des lacunes.  Dans une série d’articles, Yaga va se pencher sur un phénomène de société dévastateur et espère avec ce coup de projecteur faire bouger les choses.

Dans une de ces maisonnettes obscures (communément appelées hotspots) où se consomme le boost, deux jeunes gens aux corps décharnés se regardent sans cligner des yeux. Le premier, X, a le regard dans le vide, tandis que l’autre, Y, se gratte comme un forcené. Ce dernier est en manque et regarde avec envie et convoitise son ami qui vient de s’injecter sa dose et s’affale petit à petit par terre. Puis une idée  traverse l’esprit de Y. Il se saisit de la seringue encore dégoulinante du sang de X, et s’approche de lui. Il lui murmure à l’oreille : « Rasta, je peux en prendre un peu ? ». X, dans un état second, hoche indolemment la tête. Y prend la seringue, l’enfonce dans le cou de X, aspire son sang. Puis il s’assoit, met son garrot sur le bras, s’enfonce la seringue dans l’avant-bras  et s’injecte le sang en espérant goûter lui aussi à la joie procurée par le précieux boost. Son regard hagard n’exprime rien, mais dans son cœur, un froid glacial s’installe. Il a touché le fond.

Ce récit n’est pas un mauvais conte pour faire peur aux enfants turbulents. C’est le témoignage d’un junkie happé par le cercle infernal du boost, cette héroïne coupée  avec d’autres produits et vendue illégalement dans certains coins de Bujumbura, une drogue dure ultra addictive. Les junkies l’appellent igikete, umuzigo. Pour le grand public, c’est le boost, un cocktail d’héroïne et d’autres produits comme l’indométacine, l’aspirine,… Il stimulerait plus que de l’héroïne pure et agirait en moins de temps. De son aspect marron, il a aussi hérité du nom de « Brown sugar ».

Cette drogue est consommée de diverses façons : mélangée avec de la marijuana (donc fumée), sniffée, ou par injection intraveineuse (shoots).

Conséquences tous azimuts

Sur cette dernière méthode, l’étude « VIH et Réduction des méfaits parmi les usagers de drogues injectables » commandée par l’Alliance burundaise contre le Sida en collaboration avec le ministère de la Santé donne des chiffres qui font froid dans le dos. Sur 127 usagers de drogues injectables interrogés en 2017, 10,2 % étaient séropositifs soit un taux de prévalence  dix fois supérieur à celui de la population générale (1,4 %). 9,4 % avaient le virus de l’hépatite B tandis que 5,5 % avaient le virus de l’hépatite C.

Les conséquences ne se limitent pas qu’au plan physique. Les junkies, dont la plupart ont entre 15 et 30 ans, sont mis au ban de la société, abandonnent leurs études, sont chassés de leur travail. Pour se procurer leur dose quotidienne, ils se tournent vers le banditisme, ce qui fait que plus de la moitié des usagers de drogues injectables  (55,1 %) ont déjà logé dans les prisons selon l’étude « VIH et Réduction des méfaits parmi les UDI ». Quant aux jeunes filles, une des catégories les plus vulnérables, la plupart finissent sur les trottoirs à vendre leurs corps contre quelques grammes de ce psychotrope.

Face au manque d’informations, cette étude ne se limitant qu’aux drogues injectables et dont les détails précieux frisent le secret, Yaga s’est proposé de faire une enquête approfondie sur ce phénomène malconnu, voire méconnu : immersion dans les endroits de consommation, enquête sur le circuit de distribution, témoignages, entretien avec des spécialistes et l’administration, etc. Le début d’une vaste campagne pour que demain on ait un #BurundiSansBoost.

 


Pour lire notre dossier en intégralité, cliquez sur https://www.yaga-burundi.com/categorie/boost/

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Les commentaires récents (1)

  1. je vous remercis grands blogueur de yaga grace à votre unitiative.cha stupétiant a ses consequences dans la vie humaine et dans la societé meme.c’est nous les jeunes de changer la jeunesse.Nous devons se battre ongle et bec en montrant nos frères et soeurs les méfaits de toutes genre drogue.

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