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« Mariage, le plus beau jour de ma vie… Mon œil! »

Récemment, un contributeur de Yaga plaidait pour l’abandon de certaines cérémonies traditionnelles qui ne s’appliqueraient plus aux temps actuels. Mais certains acquis culturels semblent avoir la peau dure. La blogueuse Annick Ndihokubwayo, récemment mariée, témoigne.

Qui ne rêve pas que  le jour de son mariage soit le plus beau de sa vie? On imagine que  ce sera sûrement un moment inoubliable pour son couple. Effectivement, inoubliable, ça l’a été pour moi! Dans ma tête, et surtout dans les conversations avec mon mari, nous voulions un petit mariage, où il y aurait tout  au plus 50 personnes! Le plus dur, trier qui devaient être invités ou pas. Ne dit-on pas : « Abakunzi ntibaherera mumubindi » ? (Tout le monde ne peut pas boire à ton vin, Ndr).

Mais préparer le mariage de nos rêves, et à nos moyens c’était une chose. Convaincre la famille, c’en fut une autre.

Immobilisme

Nos parents respectifs et la famille voulaient qu’on passe par toutes les cérémonies qu’exige notre culture burundaise : gusaba irembo (pré-dot), gukwa (dot), le mariage civil et religieux bien sûr, et-j’allais oublier ça- gutwikurura (lever de voile). Bref, un mariage digne des Burundais. En aucun cas, ils ne voulaient entendre parler d’un mariage simple, aux dépenses minimales, avec peu d’invités, afin d’avoir une belle cérémonie parce que plus on invite des gens, plus il est difficile de gérer, prendre soin de tout le monde. Il y  en a qui rentrent un peu frustrés : ils se sont mis sur le 31 pour toi, pour ta fête, et ils ne reçoivent même pas un verre d’eau. La honte quoi. Les consommations imprévues, n’en parlons pas.

Mais nos parents ne voulaient rien entendre. Pour arriver à leurs fins, ils ont recouru à un chantage.

« Après tout ce qu’on a fait pour toi? »

Pour moi, il y a un clash entre générations, ou des problèmes d’adaptation à notre époque. Si d’un côté, eux voulaient qu’on fasse tout le tralala  qu’ils ont dû faire, il leur était aussi inimaginable qu’on puisse écrire notre propre image du déroulement des cérémonies. « Arrêtez de vous comporter comme des acculturés, nous disaient-ils. Tout a son importance et sa signification ». Et de rajouter: « Après tout ce  qu’on a fait pour vous, c’est comme ça que vous voulez nous remercier? » Pour eux, peu importe l’argent qu’on y mettrait, et les dettes qu’on pouvait contracter, tout ce qui importait, c’était que ça se passe selon leurs souhaits.

Moi et mon mari nous nous sommes  tenu la main, avons avancé vers l’autel, et échangé nos vœux. Pour moi, c’était le plus beau moment de toutes les festivités. Le reste, on a suivi… En fin de compte, j’ai compris celui qui me disait que les fêtes c’est pour les parents. Mais si c’était à refaire, je n’écouterais personne, nous ferions selon nos désirs, et possibilités.

 


A relire : « Gusaba irembo », « gutwikurura »,… ces fêtes « inutiles» que nous devrions abandonner au Burundi

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Toute ces derniers cérémonies sont très importantes!c’est que financièrement c’est pas facile mais en kirundi on dit »ntawogira uko ubukene bugize » si on continue à vouloir se passer des choses qui font que nous sommes burundais si on continue à les nier moi j’ose pas imaginer le futur burundi qu’on aura contribuer à créer!nukuri naho bitoroshe protégeons notre culture avec méchanceté

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