Bujumbura : SOS pour nos hippopotames

Le Burundi  compte entre 500 et 600 hippopotames. Malheureusement, depuis 2016, 15 d’entre eux ont déjà été tués. Que faut-il faire pour les protéger ?

Bujumbura 1er  avril. Certains ont du mal à le croire. Le boulevard Patrice Lumumba a un invité étrange. Un hippopotame se trimbale tranquillement en plein centre-ville. Il est surnommé Mathias ! Un cas isolé ? Non. C’est devenu monnaie courante.

Le 5 avril 2018, une camionnette cogne un hippopotame qui traverse la route au niveau du « Camp chinois », à 16 km du centre-ville Bujumbura. La bête meurt sur-le-champ. Le 26 mars 2018, dans la localité de Kabezi, un hippopotame est secouru par un bulldozer. Il venait de passer trois jours embourbé dans un fossé creusé par des fabricants de briques. Il a eu de la chance. Une chance que l’hippopotame ″Casimir″ n’a pas eue. Le 24 novembre 2017, cet hippopotame qui aimait flâner le long de l’avenue du Large est tombé dans un bassin de rétention d’eau de la Régideso. Il  fut tué par balles à défaut de le secourir.

Plus au nord, il y a déjà deux mois qu’un hippopotame baigne dans les eaux usées et nauséabondes de la station d’épuration de Buterere. Un pied déjà dans le gouffre. Qui le sauvera ?

Une espèce en danger

«  Il y a beaucoup d’hippopotames qu’on trouve errant dans les quartiers de la ville de Bujumbura comme Kabondo, Kibenga, Kinindo et Gisyo », confie Samuel Ndayiragije, directeur général de l’Office burundais  pour la protection de l’environnement. Pourquoi un tel mouvement,  loin de leur milieu de vie habituel ? Le spécialiste explique : « Les zones jadis réservées aux pâturages des hippopotames sont actuellement exiguës, car occupées par des infrastructures. La construction de celles-ci ne respecte pas le code de l’environnement qui accorde 150 mètres de zone tampon à partir des rives des lacs ». La faim les pousse donc à se débrouiller. Le résultat ? Aller le plus loin possible à la recherche d’herbe, même la journée. Là, désorientés, ils se retrouvent confrontés à des accidents ou tombent dans des pièges.

Samuel Ndayiragije ajoute : « Avec ce manque de pâturage, des combats entre ces animaux éclatent. Les plus forts veulent imposer leurs lois. Celui qui est vaincu doit quitter le troupeau pour aller se réfugier ailleurs ou errer seul ». Les appétits carnassiers des Bujumburiens ne sont pas en reste. Bonjour le braconnage !

Que faire ?

De mon avis, les autorités devraient se montrer plus fermes et faire en sorte que la ville de Bujumbura cesse définitivement d’envahir la zone riveraine du lac. Puis, un espace suffisant  le long du littoral devrait être dégagé pour ces hippopotames. Et il faudrait penser aussi à utiliser des anesthésiques à la place des balles pour ramener dans le bercail les hippopotames égarés. C’est le minimum.

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