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« Gusaba irembo », « gutwikurura »,… ces fêtes « inutiles» que nous devrions abandonner au Burundi

Aux grands maux, les grands moyens. Au moment où certains rentrent dans les ordres pour fuir la pauvreté, notre contributeur Al Nzambo nous appelle à revoir certaines pratiques inadaptées aux temps durs que nous traversons.

Est-ce qu’il faut rassembler une dizaine de personnes pour aller demander aux beaux-parents la permission de passer de temps en temps voir sa fiancée (Gusaba irembo) ? Remarquez qu’à cette occasion, les beaux-parents avertissent aussi une autre dizaine de parents et de voisins et préparent à manger et à boire à tout ce monde-là. Je n’ose pas chiffrer les dépenses à cette occasion. Ne pourrait-on pas aussi se passer du lever de voile, qui par ailleurs dans la plupart des cas n’a plus du tout de sens , et remplacer cela par la visite de la mère aux « enfants » mariés, avec alors moins de dépenses et de cérémonies car moins d’invités ? On fera dans ce cas d’une pierre, deux coups.

L’enterrement est une autre occasion de grandes dépenses aujourd’hui. Ne pourrait-t-on pas donner, s’il le faut, des limonades ou de l’eau aux gens présents pendant que les cérémonies d’enterrement se déroulent au cimetière, au lieu d’aller dépenser de l’argent pour la location de la salle de réception et de faire perdre du temps aux gens après l’enterrement ? Pourquoi la levée de deuil partielle alors qu’on pourrait se contenter de la levée de deuil définitive après par exemple six mois ? Les dépenses seraient réduites et les cérémonies allégées.

Les temps ont changé

Ces cérémonies budgétivores sont malvenues, au moment où plus de 70 % des Burundais vit en dessous du seuil de pauvreté (moins d’un dollar par jour), le Burundi étant parmi les 5 pays les plus pauvres de la planète avec un taux de malnutrition de 60 %.

À une certaine époque, les autorités burundaises avaient interdit ces pratiques « qui ne font que faire perdre du temps et de l’argent aux gens ». D’autres les ont réinstaurées par la suite, peut-être pour s’attirer la sympathie de ceux qui n’avaient pas encore digérés ces mesures. S’il est vrai que la tradition est dure à changer, les circonstances actuelles nous poussent à nous passer de certaines dépenses inutiles, non indispensables. Nous pourrions combiner quelques pratiques sans attenter à la tradition ou sans dénaturer les circonstances.

À vrai dire, à quoi bon attendre toute une année pour organiser la levée de deuil définitive, quand on peut aussi passer deux à trois ans sans le faire ? Les morts ne reviendront pas nous demander des comptes, et il faut plutôt penser à simplifier la vie aux survivants.

 


A relire : La dot au Burundi, le souffre-douleur de l’évolution

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Les commentaires récents (2)

  1. Inutiles? Vous pensez en terme des chiffres mais y a des choses qui n’ont pas de prix. Ce sont des occasions qui renforcent les liens familiaux et permettent de se rencontrer dans un endroit. Vous savez qu’il y a des enfants qui ne connaissent pas leurs cousins proches kubera les parents sont devenus « moderne ». Faut plutôt penser du coté positif, de renforcement d’amitié que d’imaginer dans le sens de cérémonies budgétivores. C’est pas l’argent qui fait la joie d’une personne.

  2. je ne crois pas qu’ un jeune qui a à peine la somme pr s.acheter un veste pour la fěte devrait porter sur ses épaules le devoir d.organiser des opportunités de rencontre pour les cousins tantates etc. par ailleurs la majorité des invités on ne les revoit plus meme aux pires moment où l.on a du mal a joindre les 2 bouts. mais c est question de choix que ceux qui aiment le paraitre continuent à faire la fěte.