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Opportunités de bourses à l’étranger : que faut-il améliorer ?

Le Burundi fait figure de parent pauvre dans les opportunités de bourses d’études. Que faut-il pour améliorer cette situation ? Pour le dernier article de notre dossier sur les « bourses d’études », les blogueurs Yves Irakoze et Yannick Ndayisaba nous donnent quelques pistes de réflexion.

Comme pas mal d’autres pays africains, le Burundi est constitué d’une population majoritairement jeune. Un état de fait qui représente une opportunité ou une menace pour l’avenir du pays. Une opportunité si cette jeunesse est équipée de compétences et de connaissances qui lui permettent de faire face aux défis de son temps. Une menace dans le cas contraire. Et pour y arriver la jeunesse doit être à mesure de bénéficier d’une éducation de qualité dans les différents domaines de la vie d’une nation.

Pour un pays comme le Burundi, dont le système éducatif a encore de quoi apprendre des autres pays, les bourses d’études à l’étranger sont un des moyens qui permettront à ses ressortissants d’acquérir le savoir-faire suffisant pour une meilleure intégration dans un monde qui se miniaturise (sous le coup de nouvelles technologies) et qui croule sous les besoins de ses habitants. Malheureusement, certaines situations font du Burundi le parent pauvre de la sous-région quant à l’éligibilité pour un certain nombre de bourses à l’étranger.

Commonwealth

La non-appartenance au Commonwealth par exemple. En effet, ce grand ensemble de 52 États souverains regroupés sous le leadership de la reine d’Angleterre est une mine d’opportunités en tout genre. Un certain nombre de pays offrent annuellement des dizaines, que dis-je, des centaines de bourses d’études aux ressortissants des pays membres de cette « communauté de nations ». Une raison de plus donc de souhaiter plein de succès à la candidature du Burundi pour intégrer le Commonwealth.  

Contexte politique 2015

La crise qui secoue le Burundi depuis 2015 n’a pas fermé que les robinets alimentant les caisses de l’État, les bourses d’études en ont également pâtis. C’est le cas des bourses octroyées par le Gouvernement Canadien aux ressortissants des pays de la francophonie. Une source anonyme auprès du bureau des bourses d’études et de stages (BBES) à Bujumbura indique que les étudiants burundais sélectionnés en 2015, n’ont eu d’autre choix que de ranger leurs valises. Une porte se ferme, une autre suit. Les bourses d’études offertes par le gouvernement australien ne veulent plus aussi d’étudiants burundais sur leur sol, et ce depuis 2015.

La diplomatie viendra-t-elle à la rescousse de ces coopérations ? Pas tant que l’autorité centrale tienne un discours de déni. Le Burundi ferme  maintenant à son tour la porte aux bourses d’études en direction de l’Europe. Notre source auprès du BBES indique qu’au lieu de dépenser des millions pour des étudiants dont il ne reçoit plus de nouvelles, le gouvernement a choisi de les orienter  désormais vers les pays asiatiques. Des pays qui n’octroient pas de nationalité aux étrangers et où l’intégration professionnelle y est des plus difficiles.

Les programmes d’échange

A côté des bourses d’études, le Burundi pourrait également tirer profit d’un apport extérieur à travers les différents programmes d’échanges. Toutefois, on remarque que la barre des pays éligibles penche souvent à l’avantage des pays anglophones . Pourquoi ne pas entreprendre des démarches collaboratives vers ces pays où l’herbe semble être plus verte.

Réseau diplomatique

Comparé à d’autres pays de la région Est-Africaine, le Burundi se trouve être l’avant-dernier pays devant le Soudan du Sud en termes de densité du réseau diplomatique. Et les jeunes Burundais désirant accéder à des opportunités de bourses dans certains pays le paient cash. En effet, à part les bourses où les Burundais ne sont pas éligibles en raison de l’absence de relations diplomatiques avec les pays pourvoyeurs, il y en a d’autres où le Burundi a droit à un nombre très limité de bourses par rapport aux autres pays voisins pour la même raison. C’est le cas de la bourse « Michael Courtney » offerte annuellement à un  seul ressortissant Burundais, dans une seule université et dans une même faculté. Or l’agence irlandaise de développement (Irish Aid) à l’origine de cette dernière attribue une vingtaine de bourses à des ressortissants des pays comme la Tanzanie, le Kenya et (bientôt) le Rwanda. Un ancien lauréat de la bourse confirme qu’une simple démarche diplomatique suffirait pour que le Burundi puisse être traité au même titre que ses voisins.

Diplomatie, tel est donc le mot clé. Le ministère des relations extérieures ainsi que les représentations du Burundi à l’étranger devrait mettre ce dossier des bourses d’études parmi leurs cahiers de charges et l’intégrer à l’agenda des sommets et autres visites de courtoisie.

 


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