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#YagaNawe : comment rentabiliser la musique burundaise ?

Comme tous les derniers jeudis de chaque mois, Yaga a organisé son habituel débat #YagaNawe à l’Institut français du Burundi. Pour ce mois de mars, les artistes musiciens étaient à l’honneur. Le sujet de débat portait sur la rentabilisation de la musique, ce qui sous-entend la professionnalisation de ce métier.  

La musique qui égaie notre quotidien, qui berce nos sommeils et qui nous revivifie est faite par des hommes et des femmes qui y mettent leur temps et leur savoir-faire. Sont-ils pour autant rémunérés à leur juste titre ? La réponse est automatique : non ! Certains remettent en cause le manque d’originalité pour qu’elle puisse susciter l’intérêt et donc être rentable.

Bruno Simbavimbere, président de l’Amicale des musiciens du Burundi estime que la question de la rentabilité impliquerait une certaine discipline artistique qui devrait s’inspirer de notre culture. « Les artistes burundais doivent garder leur originalité en s’inspirant des sonorités culturelles de notre patrimoine. Aujourd’hui tout le monde fait du naija ».


Toujours est-il que nous ne pratiquons pas un style musical propre et original à nous qui nous différencie sur la scène musicale actuelle à l’instar du naija, de la rumba, du ndombolo ou du bongo flavour. Pour lui, nous sommes toujours preneurs à tout type de style pourvu qu’elle plaise.

Quel rôle joue l’OBDA ?

L’Office burundais des droits d’auteur est la seule organisation gouvernementale qui a entre autres la mission de percevoir auprès des utilisateurs des œuvres artistiques enregistrés les redevances de droits d’auteur. Selon Gordien Bucumi, l’OBDA compte à ce jour plus de trois cents œuvres musicales et 20 cinématographiques inscrites.

Disons qu’il y a un début à tout et que nos artistes prennent amplement conscience des avantages de l’inscription de leurs œuvres à l’OBDA. Mais cela n’empêche pas encore que certaines institutions ou des particuliers empiètent sur les droits d’auteur des artistes.

Comme ne cessait de le rappeler Gabriel Ntagabo, directeur de la culture et des arts auprès du ministère de la jeunesse et de la culture, « il faut qu’une grande institution soit mise en cause pour non-respect de droit d’auteur pour que cela fasse un effet boule de neige. Les choses changeront très rapidement »

Aujourd’hui, Spoks Man, chanteur, sollicite l’autorité de l’OBDA pour réclamer de rentrer dans ses droits après la réutilisation de son œuvre par une organisation des Nations-unis pour l’enfance (UNICEF) et PLAY international

Et la place des radiodiffuseurs ?

Ils sont les premiers à diffuser la musique burundaise mais un problème récurrent a toujours plané au-dessus d’eux. Sont-ils capables de payer des redevances aux artistes ?

À cette question, Francis Muhire, musicien, emmène son eau dans le vin : « La plupart de ces diffuseurs sont des associations sans but lucratif. Ils n’ont pas d’argent pour devoir verser cette redevance ».

Nos musiciens doivent-ils seulement compter sur les producteurs scéniques ? Apparemment oui.

Mais entre-temps Christain Nsavye, journaliste culturel à la radio Isanganiro nous a fait part d’une confidence : « À une période, nous avons réuni les artistes et nous leur avions proposé de verser symboliquement et forfaitairement une somme de 5000 Fbu par chanson jouée dans nos médias… ». Est-ce toujours le cas ?

Point intéressant : Christian demande pour finir qu’il y ait au sein de la police une unité spécialisée dans le domaine des droits d’auteur qui aidera l’OBDA dans les recouvrements des redevances.

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