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Étudiants  burundais : entre excès de confiance et désillusion

La légende dit que les étudiants burundais seraient plus doués que la moyenne. Et certains vont faire leurs études à l’étranger en y croyant.  « Tout ce beau monde finit par s’en mordre les doigts arrivés là-bas», avertit le blogueur Jean Blaise Migabo.

« Nikifika Paris tasoma » (Quand je serai à Paris je vais bosser, ndlr).Une  phrase entendue de la bouche d’un jeune assis au bord d’une route dans la zone urbaine de Bwiza. Au début ça m’a laissé indifférent et nous  avons continué à discuter. Mais quand j’appris que ce jeune avait arrêté ses études, cela devint du coup intriguant : mais comment une personne qui vient de décrocher d’une école locale espère bien réussir  de l’autre côté de la Méditerranée ? C’est dire notre degré de confiance. Mais après tout, n’avez-vous pas déjà entendu dire que les « Burundais sommes intelligents » à tel point que « personne n’échoue » quand elle fait ses études  à l’étranger ?

Si aujourd’hui la plupart des jeunes  burundais rêvent de faire leurs études  à l’extérieur du pays, ce qui peut d’ailleurs se justifier… il est moins certain de savoir si tous ceux qui y vont sont bien informés  de là où ils vont et s’ils s’y préparent en connaissance de cause. De là à m’interroger sur la réalité de cette « self-confidence », s’il s’agit bel et bien d’un atout comme ça devrait l’être ou s’il s’agit plutôt d’une illusion burundaise non sans conséquences.

La désillusion

Billy (pseudo), un jeune homme natif de Bujumbura débarqua aux USA après avoir terminé  ses études secondaires avec brio. Fort de son potentiel et se jugeant lui-même intelligent, le jeune homme devait avoir de très bons jours  devant lui au pays de l’Oncle Sam. Ses parents faisaient tout le nécessaire pour que leur « génie », leur enfant chéri, vive dans les meilleures conditions. Mais malheureusement, il ne fit pas long   feu outre-Atlantique. Nouveau système auquel il n’était pas bien préparé, rythme de travail, excès de confiance qui l’aurait amené à ne pas se mettre au travail à temps,…et c’était fini avec la première année, et pouf échec !!!Lui qui  n’avait jamais connu pareille situation, et qui plus est loin de ses proches, ne trouva pas de solution à cet échec imprévu et choisit la plus facile : l’alcool ou plutôt la « drogue », devrais-je dire. Et comme certains problèmes savent nager, il en prenait encore plus pour essayer de les noyer, encore plus jusqu’à en devenir dépendant, et c’en était fini avec ses études au pays d’Obama.

Le revers de la médaille

« On ne vous présente que la belle image de l’étranger » nous disait récemment un de nos professeurs un peu avisé, avant de poursuivre : « La seule image que vous voyez sont vos professeurs qui ont réussi ou quelques parentés  que vous voyez ici et là ». Et d’ajouter : « On ne vous dira jamais, ou presque, qu’il y a ceux qui échouent, qui reviennent, qui se fondent dans la masse et qui sont perdus de vue ou qu’ils y a ceux qui restent dans ces pays et finissent clochards».

Notre professeur terminait en nous disant : « Sachez bien vous classer entre ceux qui ne savent pas et qui savent qu’ils savent, et ceux qui savent mais savent qu’ils ne savent pas (donc continuent  à chercher pour savoir) ».

Qu’on ne s’y méprenne  pas alors. Là-bas comme ici tout est question de travail et les résultats, donc la réussite, ne s’obtiennent qu’au bout de l’effort. Au lieu d’attendre ou de penser qu’on fera mieux avec je ne sais quelle magie d’ailleurs, nous devons plutôt essayer de faire le mieux possible avec les moyens du bord et quel que soit l’endroit où on se trouve. Comme ça la désillusion ne sera qu’un vain mot pour nous.

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