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Lettre d’adieu à ma crème éclaircissante

Nombreuses sont les  Burundaises qui utilisent des produits artificiels pour s’éclaircir la peau. La relation qui s’établit entre la consommatrice et le produit a inspiré la blogueuse Orélie Ingabire, qui nous décrit avec justesse cette liaison non sans risques.

Chère Caro Light,

Je t’écris en ce jour pour te remercier de tes bons et loyaux services rendus durant toutes ces années que nous avons vécu ensemble. Avant de te quitter, je voudrais bien t’expliquer les raisons qui m’avaient poussé à aller vers toi.

Après plusieurs années à subir quolibets et moqueries sur la noirceur de ma peau, j’ai décidé d’être couleur miel, café au lait ou caramel. J’ai décidé d’être clair de peau. Je ne voulais plus ressembler à Alek Wek mais plutôt à Beyoncé. C’est ainsi que j’ai jeté  mon dévolu sur toi, Caro Light.

Quand j’ai commencé à te fréquenter assidûment, personne ne m’a prévenu que ma peau virera du noir à l’orange puis de l’orange au jaune avec des nuances de rouge. Personne n’a daigné m’expliquer que je me battrai avec force et courage contre des boutons envahissant tout mon corps. Personne ne m’a averti que je serai obligé de t’être infidèle de temps en temps parce que hélas, l’intérieur de mes cuisses, mes jointures, mes coudes, mes genoux resteront inexorablement noirs quoi que je fasse.

Au contraire, tout le monde m’a dit que je me sentirai mieux. Que je deviendrai comme le soleil de midi qui resplendit de mille feux d’or. Que mon passage attirera l’œil enjoué des hommes et le regard envieux des femmes.

En acceptant de vivre avec toi, j’avais admis en moi les risques et périls découlant de notre vie commune : cancer de la peau, vieillissement précoce, mauvaise cicatrisation, parfois diabète, hypertension artérielle. J’avais fait un choix dangereux en pleine conscience. Les conseils des médecins et autres voulant mon bien-être je ne les écoutais pas. Je voulais mon « bois jaune ». J’étais en paix avec moi-même. Je continuais de t’aimer.

Un matin, tout changea quand j’appris que des femmes enceintes  avalaient des comprimés pour que leurs enfants ne naissent pas très noirs.  Je pris peur. Des questions m’assaillirent : Que ferai-je quand je tomberai enceinte ? Serai-je obligée d’avaler du poison pour éviter que mon enfant ne soit ébène ?  Suis-je prête à assumer un bébé noir charbon ou mettrai-je sa vie en danger pour un peu de clarté ? Cela me rappela les différentes photos trouvées sur les réseaux sociaux montrant des couples très clairs avec des enfants noirauds. Le plus souvent, je concluais que les parents te côtoyaient, chère Caro Light. À quel âge allaient-ils se mettre à te partager avec leurs progénitures ? La réponse me terrifiait.  

Après une longue réflexion, je choisis de t’abandonner. Je préfère rompre nos vœux d’amour éternel que nous nous étions jurés. Je te quitte ne sachant pas dans quel état sera ma peau le lendemain. Ne tente surtout pas de me contacter. J’ai tout arrêté. J’ai mis fin à mes amitiés avec toi et tes consœurs.

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Les commentaires récents (2)

  1. ooooh ma sœur felicitation car ces genre de crème peut souvent causer des maladies dangereux surtout comme cancer. avoir la peau brillant comme le soleil c pas dire que une fille ou une femme semble belle. nous; les barundikazi sommes tellement belle avec peau noire donc soyez fière de toi meme. merci de dire adieu Caro light felicitation encore

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