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Non, la Regideso ne peut à elle seule électrifier tout le Burundi

La Regideso, entreprise étatique, règne en maître dans la production et la distribution de l’eau et de l’électricité sur tout le territoire national. Mais au vu des problèmes énergétiques que connaît le Burundi, dépendre d’une seule structure ne serait-ce pas contre-productif ? Et si la concurrence était la vraie solution ? Analyse du blogueur Patrick Nimpagaritse.

Qui aurait déjà oublié les délestages intempestifs que Bujumbura connaissait dans un passé pas si lointain? Je parie que personne ! Autant le problème était si sérieux pour ne pas laisser de traces. Et  « l’accalmie » actuelle ne signifie pas que la carence de l’électricité a connu ses derniers jours. Au contraire. Il suffit de se rendre compte du taux de l’électrification du Burundi (moins de 10%     avec une projection de 20% en 2020). En tout cas, en la matière, le Burundi est le mauvais élève de l’Afrique. La moyenne de consommation de l’électricité au sein des ménages en Afrique est de 150KWh/an alors qu’au Burundi, elle est de 23KWh/an/ménage .La différence est énorme.  En plus, cette « accalmie » nous coûte les yeux de la tête. Allez savoir à  quel montant s’élève la modique somme que la Regideso paie la société Interpetrol pour produire 30MW à   partir de sa centrale thermique. Régler les factures de la consommation de l’électricité est devenu un casse-tête pour un Burundais lambda.

Entre le monopole et la concurrence, il faut choisir

Ce constat amer me pousse à imaginer ce qu’il nous faut pour arriver à un niveau acceptable de l’électrification d’autant plus que l’on connaît qu’aspirer au développement sans de véritables ressources énergétiques n’est qu’utopique. A titre illustratif, n’a-t-on pas appris que pour exploiter  le potentiel minier de Musongati, il nous faut de l’énergie estimée à 75MW que l’on n’a malheureusement pas  actuellement ?

Il est vrai, le gouvernement ne cesse d’annoncer la  construction de barrages hydroélectriques. D’ailleurs certains travaux ont déjà commencé, entre autres la centrale hydroélectrique de Mpanda .   Mais, les travaux semblent avancer à pas de tortue. En tout cas, il y a urgence pour changer la donne. Car, aussi longtemps que la Regideso gardera le monopole de la production et de la distribution de l’électricité, la suffisance énergétique n’est pas pour demain. Par ailleurs, d’autres pays l’ont compris avant nous.

Dans son rôle, l’État doit prendre le devant pour le développement. Il lui appartient de fixer des priorités. Mais, au nom du libéralisme économique, il est temps, s’il n’est pas tard qu’il prenne la question de l’énergie à  bras le corps. Et je crois que seule la Regideso ne peut pas relever ce défi, autant il est énorme. Il faudrait donc que l’Etat favorise la concurrence et encourage les investissements étrangers dans ce secteur. Car, avec les moyens à sa disposition, la Regideso ne peut pas électrifier tout le Burundi.

Qui plus est, il faut une diversification des sources d’énergie. A l’ère de l’émergence des énergies renouvelables  ce n’est pas au Burundi de rester en arrière. Il lui faut nager avec le courant. Car, du potentiel, le pays en a. Il suffit donc d’un climat favorable aux  investisseurs étrangers pour relever le défi. La concurrence dans ce secteur, si jamais elle venait à se concrétiser ne nous ferait pas de mal et serait bénéfique autant au gouvernement qu’à nous autres simples burundais.

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Les commentaires récents (1)

  1. Je suis totalement pour votre ideé de concurrence mais aussi il faut qu’il y ait une stricte suivie dans ce secteur. Je peux pas nier le problème qui réside dans ma province,Gitega,où l’hydraulique nous fait des drames. Je peux pas en dire plus mais l’Etat devrait prendre le controle dans ce secteur pour le bien etre de sa population.

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