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Uhuru-Odinga, Trump-Kim : et s’ils nous inspiraient ?

La réconciliation-surprise de président kenyan Uhuru Kenyatta et son principal opposant Raila Odinga a pris tout le monde de court. Un jour avant, un autre couple de dirigeants belliqueux se tendait la main, à savoir l’américain Donald Trump et le nord-coréen Kim Jong-Un. « Peut-on espérer un scénario pareil au Burundi ? », s’interroge le blogueur Patrick Nimpagaritse.

Vendredi 9 mars 2018, je surfe sur Facebook. Comme par hasard, je tombe sur la vidéo postée sur page officielle d’Uhuru Kenyatta, président de la République Kenyane. Curieux, je l’ouvre. Surpris, j’apprends en la visionnant la réconciliation des deux principaux acteurs clés de la politique kenyane, j’ai nommé Uhuru Kenyatta et Raila Odinga. Devant la presse, avec des poignées de main plutôt chaleureuses, les deux hommes annoncent l’enterrement de la hache de guerre. « Les élections viennent et partent mais le Kenya, lui,  reste », apprend-t-on dans la vidéo. Impensable. Surtout que les deux politiques se livraient il y a peu une bataille politique assez tendue. Odinga s’était  même auto-proclamé président du peuple , jurant de ne jamais reconnaître la réélection d’Uhuru Kenyatta.

Un jour avant, une autre nouvelle avait pris tout le monde de court. Donald Trump et Kim Jong-Un acceptait de se parler. Le rendez-vous est d’ailleurs fixé à la fin du mois de mai. Chose inimaginable, autant la surenchère verbale des deux hommes d’Etat semblait franchir le Rubicon. Trump qualifiait Kim de petit homme fusée    tandis que Kim traitait Trump de  gâteux mentalement dérangé .  Les pires injures que puissent se lancer  des responsables de leurs calibres. Mais, au final, les deux hommes vont de l’avant et acceptent de discuter des affaires communes. Des sujets qui fâchent.

Et au pays de Mwezi ?

Comme au Kenya, les acteurs politiques burundais se regardent en chien de faïence, prêts à en découdre. L’opposition radicale et le pouvoir se traitent de tous les noms, un peu comme Uhuru et Odinga avant et après les échéances électorales.

Comme pour le Kenya en 2007, les violences pré et post-électorales ont coûté la vie à des centaines des victimes au Burundi depuis bientôt trois ans. Sauf qu’au Kenya, l’histoire de 2007 ne s’est pas répétée. Heureusement d’ailleurs.

Comme Trump et Kim, les politiques burundais versent dans la surenchère verbale, le pouvoir qualifiant l’opposition de putschiste  et pro-colons, l’opposition accusant Bujumbura d’acteur de coup-d’État constitutionnel et de dérive dictatoriale

Mais, comme pour le Kenya  et Trump-Kim, nous ne sommes pas encore à la situation de non-retour. Les choses peuvent encore s’arranger. Les acteurs politiques peuvent encore se parler. Si volonté il y a bien sûr. Car, personne ne s’attendait à un revirement de la situation au Kenya. Pourtant, la volonté politique aidant, les deux hommes marquent un point en acceptant de se parler. Ça vaut aussi pour les présidents américain et nord-coréen.

Au Burundi, le dialogue est certes au point mort, mais tout n’est pas  perdu. Les choses peuvent toujours rentrer dans l’ordre. Seulement, faut-il que les acteurs politiques fassent un choix rationnel comme celui d’Uhuru et d’Odinga.

Les pessimistes diront qu’il est tôt pour les Kenyans, américains et nord-coréens de jubiler. Je ne dis pas le contraire. Mais  l’intention c’est déjà quelque chose. On en veut aussi au Burundi. Et Il est temps, avant qu’il ne soit trop tard.

 


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