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Dilapidation des fonds : la malédiction des startups burundaises

Au Burundi, certaines jeunes entreprises ont la chance d’être soutenus financièrement ou matériellement par des ONG. « Malheureusement, la plupart de ces startups disparaissent après quelques temps, victimes d’une mauvaise gestion », regrette le blogueur Fabrice Nkengurikiye, jeune entrepreneur qui a accompagné une cinquantaine d’aspirants-entrepreneurs.


Tout jeune entrepreneur sait que, le plus dur au Burundi, et probablement dans le monde entier, c’est de trouver un capital. Trouver quelqu’un ou une organisation qui croît en toi malgré le peu ou manque d’expérience. Trouver un « business angel » qui te prend sous son aile en faisant fi de l’absence d’un business plan ou tout au moins un « business model » viable pour la plupart. C’est pourquoi ça me désole et me mets hors de moi le manque de sérieux de certains soi-disant« jeunes entrepreneurs » burundais qui ont la chance de trouver un bailleur qui se porte garant pour eux.

J’ai eu la chance de contribuer en partenariat avec une ONG à la formation et à l’accompagnement d’une cinquantaine de jeunes entrepreneurs qui s’étalait sur une période de plus de deux ans. Une formation qui couvrait la partie technique de leurs entreprises ainsi qu’une aide à l’élaboration d’un business plan, la gestion financières et le marketing. Tout cela pour amener un certain nombre d’eux à débuter leurs entreprises, et pouvoir engager à leur tour d’autres jeunes. À la fin, les entreprises ayant démontré leur viabilité ont eu accès à une ligne de crédit à un taux préférentiel.

La déception au bout

Malheureusement, parmi les premiers entrepreneurs à bénéficier du crédit, la majorité en ont profité pour faire la fête et se sont retrouvés sans le sou pour mettre en application la phase une de leur plan d’affaire. Connaissant les jeunes burundais, la banque avait pris la précaution d’accorder les prêts en tranche. Oubliant que ce n’était que la première partie, ils ont tout dilapidé dans les premiers jours. Ceux qui avaient reçu le prêt sous forme de matériel pour lancer leurs entreprises en ont vendu au marché à un prix nettement inférieur au prix d’achat, oubliant par ailleurs que c’était sous forme d’un prêt et non un cadeau tombé du ciel. Comme ce participant qui est allé revendre les machines que la banque venait d’acquérir pour son entreprise au même endroit où on venait de les acheter. Le vendeur a vite contacté la banque pour signaler la tricherie et le jeune homme s’est vu retirer toute chance de bénéficier du leasing.

On peut comprendre l’excitation des premiers jours d’avoir quelques dix, vingt, trente millions sur son compte. Que l’on s’offre quelques bières avec ses amis, s’acheter quelques fringues, un smartphone,… est compréhensible, mais pourquoi ne pas le faire sur la part du premier mois de votre salaire ? Pourquoi tout dilapider en un mois quand on sait pertinemment que ce n’est que la première tranche de la somme totale ?

Heureusement que sur la cinquantaine des jeunes entrepreneurs, ce n’est pas tout le monde qui a adopté cette folie collective. Mais malheureusement, ce n’est que trois entreprises seulement qui ont pu fructifier le prêt et commencent à montrer des signes de succès. Je les remercie de tout cœur pour avoir sauvé l’honneur des jeunes entrepreneurs burundais.


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Les commentaires récents (1)

  1. c’est vraiment regrettable de ne pas poursuivre son objectif à cause du manque des bons conseillers pour aider à accompagner la mise en place du projet.S’ il s’avère qu il y ait de nouvelles occasions je suggérerai qu’ on ne laisse pas les bénéficiaires gérer le financement sans quelques acteurs pour les parrainer.

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