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La Syrie et le Burundi, deux conflits incomparables

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a comparé la Syrie notamment au Burundi sur l’état des droits de l’Homme.  Un rapprochement qui ne passe pas pour le journaliste-blogueur Egide Nikiza.

Ce lundi 26 février, M. Zeid Ra’ad Al Hussein s’exprimait à Genève lors de la 37ème session ordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Dans son allocution, il a comparé la Syrie et le Burundi, jusqu’à dénoncer des «abattoirs d’êtres humains» dans les deux pays.

Pour quiconque suit l’actualité, on sait que ce pays du Moyen-Orient est empêtré dans une crise sanglante depuis la naissance d’une rébellion contre le président Bachar Al Assad en 2011.      

Comparer un pays qui vient de passer bientôt huit ans dans un conflit ouvert et un autre qui vient de passer trois ans dans une crise politique me fait douter de l’objectivité de ce haut cadre des Nations unies. Je me demande sur quoi il s’est basé pour faire une telle comparaison. Les chiffres sont, en tout cas, loin de lui donner raison.

En deux ans (avril 2015-avril 2017), la crise burundaise avait fait plus de 1000 morts selon certaines associations de la société civile. En mars 2017, le conflit syrien avait fait 465 000 morts en six années. Avec un peu de mathématiques, on peut déduire que la guerre faisait 77500 morts par année en Syrie, contre 500 au Burundi. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que ces deux situations sont assez éloignées l’une de l’autre.

Certes, le Burundi est plongé dans de sérieux problèmes depuis avril 2015. Plusieurs personnes ont perdu la vie. Certaines assassinées, d’autres portées disparues. Certes un nombre important de compatriotes sont aujourd’hui en exil. Ils se comptent par plusieurs centaines de milliers, etc. Hélas !

Mais, d’aucuns constatent un apaisement ces derniers jours. Même si cette accalmie a été rétablie au prix d’une répression, pourrait-on dire.    

Objectivité

Cela étant, je constate une nette amélioration par rapport à la situation de fin 2015 et de 2016. La preuve, ceux qui avaient fui le pays n’ont cessé de retourner au pays depuis l’année passée. Un refugié s’exprime par ses pieds, dit-on.  

Après la lecture de la situation syrienne, je n’en reviens pas. Maintenant, le conflit aurait déjà fait près de 500.000 morts et  12 millions de déplacés. Des puissances s’y sont invitées. Ce n’est plus qu’un conflit entre le peuple de ce pays mais un conflit international.  

Avec un tel chiffre de morts d’une part et l’ingérence des pays tiers d’autres parts, j’en déduis que les conflits syriens et burundais sont deux situations différentes. Même la terminologie les différencie, car la Syrie est en guerre, alors que ce n’est nullement le cas pour le Burundi.     

Donc ni le nombre de victimes, ni les acteurs, ni la durée, etc., ne peuvent justifier la comparaison de la crise syrienne à celle qui prévaut au pays des mille et une collines. La Syrie est déjà au bord du gouffre. Le Burundi peut toujours se relever. À mon avis, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a fait une dramatisation.

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