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Université du Burundi : inscriptions en mode peau de chagrin

Début février 2018, le conseil rectoral de l’Université du Burundi s’est réuni en conseil extraordinaire pour réfléchir sur une question prégnante : le manque d’engouement des aspirants étudiants pour les universités publiques. Mais qu’est-ce qui pousse les étudiants à ne pas s’inscrire ? Le blogueur Cédric Bahimpundu a interrogé quelques-uns.

Quelque part dans un campus de l’Université du Burundi. Une foule de bizuts « puants dans la langue des poilissimes ». Le soleil darde ses rayons sur leurs têtes rasées. Ils répètent en chœur : « Il n’y a qu’une seule et unique université, Rumuri ». Un tonnerre d’applaudissements et de vivats.
Cette scène est d’une époque révolue. Rumuri semble ne plus être le graal pour lequel nos jeunes bataillent. En témoignent les effectifs des nouveaux étudiants qui se réduisent comme peau de chagrin, selon le rectorat. L’aînée des universités burundaises n’entiche plus comme avant.
Cette situation alerte les autorités de cette institution. Pour pallier à ce problème, ils envisagent même quelques réformes pour redorer le blason de Rumuri comme saisir l’autorité de tutelle pour envisager des conditions favorables à la vie des étudiants, faire un effort pour stabiliser les années académiques, laisser les étudiants choisir eux-mêmes les options à suivre,… Mais qu’en pensent d’abord les étudiants eux-mêmes ?

On voudrait bien, mais…

Pour les étudiants, les motifs de cette baisse de popularité sont nombreux. Si la qualité de formation n’est pas remise en question, d’autres facteurs entrent en jeu. Armelle, jeune lauréate de la dernière édition de l’Examen d’Etat n’y va pas par quatre chemins. « Je ne peux pas aller à l’UB avec cette longue année d’attente. Pour moi ce serait une perte de temps». Mettre une croix sur l’option UB et continuer ses études dans une université privée devient la meilleure alternative. Un cas qui concerne bon nombre de congénères de la jeune fille.
Guillaume, un autre lauréat du secondaire ne tergiverse pas non plus : « le choix est clair. A l’Université du Burundi, avec les grèves, on ne sait même pas si vous êtes à l’abri d’une année blanche. Les rites d’initiation sont ma bête noire. Ils frôlent la torture. Et les facultés gardent ce côté vieille école. Je pense qu’ils sont restés les mêmes depuis que l’université est ».
La pauvreté n’est pas la moins concernée dans les racines du problème. « Je n’ai ni famille ni connaissance à Bujumbura qui pourrait me loger. Ma famille à elle seule ne saurait supporter les dépenses que la vie d’étudiant implique », se désole Zabulon, jeune lauréat d’un lycée communal de Mutaho.
Ces quelques cas ne contiennent en elles seules toutes les raisons de la baisse des effectifs d’enrôlement à Rumuri. Peut-être sont-elles la partie visible d’un immense iceberg. Cette institution a plus que jamais besoin de retrouver sa belle réputation qui semble battre de l’aile. Et pour cela, il faut partir à la source du problème.


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Les commentaires récents (1)

  1. L’Université du Burundi!Oui,elle viellit comme tant d’autres institutions étatiques qui sont vieux mais ce qui est très important est qu’il y aurait une politique innovatrice de cette institution.Les décideurs politiques doivent prendre en main c’est unique institution des intellectuels.Ce qui est alarmant est que ces jeunes qui refusent d’aller s’y inscrire sont des enfants des enciens lauréats de l’UB et même des décideurs dans cette institution et on se demande pourquoi ils ne prennent pas des mesures appropriées pour innover notre chère institution mais la réponse n’est autre que l’UB est devenu une université des enfants d’intunarurwiro selon le dicto rundi.Les enfants de ceux décideurs sont en Chine,d’autres en Amerique et en Europe et ceux des moyens dans les universités privées.Donc,personne n’est intéressé pas cette institution souvent menacée par des problèmes politiques,éthniques et instrumentalisée par les leaders politiques.Pour dire qu’elle reste une institution qui déroute à la ligne directrice d’être le grenier du savoir.

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