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Elections 2020 : une nécessité, mais à quel prix ?

Le 11 décembre 2017, le ministère des Finances en tandem avec celui de l’Intérieur et de la formation patriotique ont sorti une ordonnance qui définit le taux de contribution « à caractère volontaire » pour les élections de 2020 : cela dépendra du statut social des gens et des revenus mensuels pour les fonctionnaires. « Cela ne constitue pas un lourd fardeau pour la population ?», s’interroge le blogueur Landry Ingabire.

Que le peuple prenne en main aujourd’hui la question des élections, c’est normal. C’est un devoir civique et patriotique. Les élections profitent plus au peuple qu’aux dirigeants. Il est grand temps que le peuple apprenne à voler de ses propres ailes et n’attende plus des aides venant de l’extérieur pour gérer leurs propres affaires.

Le hic

Le fait que le gouvernement, pour prendre cette décision, n’a pas consulté les personnes concernées à travers les syndicats et associations pose quand même problème.

C’est vrai que d’une part, le montant fixé semble ne pas être un casse-tête : un paysan doit contribuer à hauteur de 2.000 francs burundais par an et un étudiant ou un élève (du secondaire) en âge de voter (18 ans) 1.000 FBU par an. Des prélèvements, selon le revenu de chacun, seront effectués à la source sur les salaires des fonctionnaires chaque mois pendant deux ans (de janvier 2018 à fin décembre 2019).

Mais, d’une autre part, les décideurs semblent avoir oublié les réalités sociales : dévaluation de la monnaie, l’inflation sur le marché tandis que les salaires des fonctionnaires n’augmentent pas. Le jour de paiement, certains fonctionnaires ont du mal à gérer leur salaire avec des crédits contractés ici et là et des découverts à régler,… En réalité la pauvreté est leur quotidien.

Ils oublient aussi que dans le budget de 2018, le gouvernement a planifié 12.5 milliards de francs burundais pour les élections. Et je me pose une question : d’où vient l’argent du budget ? La réponse est simple, ce sont des taxes et des impôts qui sont payés par ces mêmes fonctionnaires : la leçon tirée de tout cela est que ces derniers vont contribuer deux fois pour une même élection.

Entre le marteau et l’enclume

D’après la proposition de ces ministères, ceux qui ne veulent pas contribuer pour ces élections doivent aussi écrire une lettre d’explication. Ce qui peut être qualifié d’acte non patriotique parce que je doute qu’on comprenne celui qui échoue là où tout le monde semble réussir. Mais aussi, il semble difficile d’envoyer une lettre d’explication au moment où d’autres semblent s’acquitter joyeusement de ce « devoir ».

Le cas des fonctionnaires qui touchent plus d’un million de francs burundais est très sensible dans la mesure où ils paient un mois par an de leur salaire. À mon avis, c’est très injuste. C’est vrai qu’ils touchent relativement beaucoup d’argent mais n’oublions pas que nous consommons selon nos revenus.

Que faut-il faire ?

Comme le dit l’adage burundais, « ibigiye inama bigira imana » (là où il y a consensus, il y a la bénédiction de Dieu, ndr). Il faut que le gouvernement écoute toutes les voix pour trouver un compromis. Le peuple doit comprendre que contribuer pour les élections est un acte patriotique et une fierté. Mais en même temps, il ne faut pas en faire un fardeau.

Ou bien chercher une autre solution pour trouver cet argent, comme par exemple imposer une taxe lourde sur les nouvelles ressources minières découvertes récemment.


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