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« Bonnes » ou esclaves sexuelles : une terrible réalité au Burundi

Au Burundi, plusieurs jeunes filles des milieux ruraux quittent leur domicile pour venir travailler comme « domestiques » dans les ménages citadins. Pourtant, être « bonne » est parfois un métier à haut risque. Les mauvais traitements ne sont jamais loin, allant jusqu’à l’exploitation sexuelle…

Anna (pseudo), une jeune femme infirmière a récemment découvert que son époux entretenait une relation forcée avec la domestique de la maison. « Tout se passait pendant les jours où j’avais des nuits de garde à l’hôpital. J’ai fini par attraper mon mari au travers d’un SMS qu’il avait envoyé à la domestique », confie-t-elle, sous le chagrin.

Et comment cet homme s’y prenait-il ? « Mon mari la nuit tombée, les enfants étant couchés, allumait la télé puis mettait un film pornographique. Et ensuite, il allait réveiller la domestique et la forçait à venir regarder le film avec lui au salon. Si la domestique faisait tentative de résistance, mon mari l’intimidait et la domestique finissait par accepter d’aller regarder le film érotique malgré elle. Une fois au salon, mon mari faisait des attouchements à la domestique et la contraignait à avoir des rapports sexuels avec lui en la menaçant de la virer si elle refusait», raconte Anna.

Un modus operandi partagé par plusieurs autres hommes. Et si lui ne la menaçait que de la virer, certains y vont de menaces de mort, de coups et de privations. Souvent, ces jeunes filles, terrorisées, refusent de témoigner et si elles parviennent à se libérer de cet enfer, finissent souvent dans la prostitution.

Un rapport qui fait froid dans le dos

Avant, les notions d’esclavage sexuel ou d’esclaves sexuelles supposaient pour moi des rabatteurs partant dans les villages, appâtant des jeunes adolescentes, leur promettent monts et merveilles dans les villes. Et ces dernières,  sans le choix, les suivaient. Entre la misère profonde qui sévit dans la campagne, maintenant plus que jamais, et l’espoir d’une vie meilleure, il n’y pas à  tergiverser.

C’était avant de prendre connaissance d’un autre aspect d’exploitation sexuelle insidieuse, ignorée, celui des jeunes filles engagées dans les ménages comme « domestiques ». Selon le rapport de mai 2014 d’une étude de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme(CNIDH) menée dans les provinces de Bujumbura Mairie, Cibitoke, Bururi et Muyinga, certains chefs de ménages contraindraient les filles qu’ils prennent en charge de se prostituer.  « Les jeunes filles [domestiques]  sont généralement abusées sexuellement par leurs patrons ou par les autres travailleurs domestiques. Si elles tombent enceintes, elles, avec la complicité de leurs collègues tentent des avortements clandestins et perdent parfois leur vie. Quand leurs patronnes trouvent qu’elles sont enceintes, elles sont chassées immédiatement sans aucune autre forme de procès. N’ayant pas où aller et se trouvant dans l’impossibilité de trouver un autre emploi, les filles chassées finissent par plonger dans la prostitution. D’où une existence des liens de cause à effet entre le travail domestique et la prostitution », alerte ledit rapport qui évoque déjà dans l’ensemble un total de 174 victimes de trafic humain parmi lesquelles 47 enfants de moins de 18 ans de janvier 2010 à mars 2012.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Vraiment ce qui est dit ici est fondé , ça c’est fait toujours et voir même Avec les jeunes garçons de certains ménage qui veulent apprendre la sexualité , soit ce la bonne qui demande au jeune garçon ou le contraire.

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