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Etudiant et gardien de nuit : une vie en grand écart

Plusieurs étudiants burundais combinent études et petits boulots. Parmi eux, certains sont agents de sécurité. Quelle vie mènent ces derniers ? Quels  sont leurs défis quotidiens ? Le blogueur Landry Rukundo s’est entretenu avec Olivier Nsengiyumva, un jeune étudiant travaillant pour une société de gardiennage.  

La semaine passée, je rentrais vers 20h en passant par l’avenue de la Victoire et d’un coup je vis un jeune homme en uniforme d’agent de sécurité, debout, syllabus en main, visiblement en train de réviser les notes. Curieux, je marchai très silencieusement vers lui pour ne pas le déconcentrer. Je fis semblant de m’être perdu et lui demandai s’il pouvait  m’indiquer une pharmacie ouverte la nuit. Mais c’était pour vérifier si, en même temps, il étudiait et faisait son job de gardiennage. Et c’était bien le cas.

Olivier Nsengiyumva, étudiant en BAC 2 soins infirmiers à l’Université des Grands Lacs est aussi agent de sécurité depuis une année. Natif de la commune Gishubi, il est venu à Bujumbura en 2016 pour poursuivre ses études supérieures. Ses parents cultivateurs ont dû vendre une partie de leur propriété foncière afin de lui donner les moyens nécessaires pour son installation dans la capitale. Conscient de la situation précaire de sa famille, il a vite cherché ce travail de gardiennage qui, selon lui, est le seul accessible pour épauler ses parents à se payer le loyer et la ration. Avec un salaire mensuel  de 56 000Fbu (autour de 20 dollars), il vit en colocation avec six autres  jeunes étudiants avec lesquels ils doivent se départager les dépenses mensuelles. Ainsi ses parents  ne se chargent que du minerval.

Gérer ses études et un travail, ce n’est pas facile

Olivier avoue qu’il est très difficile de combiner ces deux vies : « Je me dois de bosser dur, je n’ai pas un tout petit temps à perdre. Je révise la plupart des fois la nuit pendant le travail. Le matin je me présente en classe et plus souvent, on a cours avant et après midi. Vers 17h je dois me dépêcher au travail. Il m’arrive souvent de dormir 3h du matin tout en sachant qu’à 8h le jour suivant je dois être en classe. »

Les études imposent à elles seules une grande responsabilité. Les combiner alors avec un travail de gardiennage devient une autre paire de manches : « On doit se priver catégoriquement de tout genre de loisir pouvant prendre nos temps libres. Mettre la croix sur toute autre activité en dehors des études et du travail. Travailler dur et sans relâche », confie Olivier.

Et dire que la vie est dure, ces étudiants l’ont compris en premier. Ils ont un objectif très précieux qu’il faudra atteindre à tout prix. Ils feraient un très bon modèle pour ces jeunes qui ont érigé sieste et autres facilités en philosophie de vie. Car les obstacles de la vie n’ont pas l’air de les décourager et de les empêcher de se battre pour un meilleur et brillant avenir.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Merci beaucoup pour cet article.

    Ils sont le futur de notre pays et je ne doute pas qu’ils seront les meilleurs entrepreneurs mais aussi employeurs.

    Courage

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