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Les banques au Burundi : ces endroits qu’il faut éviter à tout prix

Si aller à la banque est parfois une légère formalité dans certains pays, au Burundi ce n’est pas souvent le cas. Les services bancaires seraient ce qui se fait de pire. Coup de gueule du blogueur Oscar Irakoze.

Au pays de Mwezi Gisabo, il y a deux sortes de personnes : les privilégiés, qui sont reçus affablement et rapidement dans les banques, et les autres, les petites gens qui vont grossir les files d’attente devant les guichets et sont accueillis avec peu d’attention. Moi je fais partie de la deuxième catégorie.

Devant aller verser (assez irrégulièrement j’avoue) le petit loyer de la petite chambrette de 50.000 FBu que je loue dans le quartier surpeuplé de Bwiza, je sais l’enfer qu’endure parfois le petit peuple dans les banques. Les instants indescriptibles passés face aux banquiers agacent plus que les tours que le bailleur et ses fils font autour de ta porte à la fin du mois.

Chaque fois, je dois attendre des heures sur une file qui n’avance pas. Sur les quatre guichets (dans l’une des succursales de ma banque où je me rends souvent), seuls deux sont fonctionnels. Les guichetiers présents ne craignent pas de jouer aux dictateurs. Ils font régner l’ordre avec les règles qu’eux-mêmes établissent et font exécuter : clientélisme, nonchalance, mépris…

« Rangez bien votre argent avant de me le donner si vous ne le faites pas vous pouvez repartir avec », résumait une guichetière de la BCB avec une insolence « condescendante ». En gros, ce n’est pas grâce à mon fric qu’elle vit.

Un mal insidieux

Tenez, dernièrement je me rends à la KCB pour encaisser un chèque d’une parenté. Et là, il y a cet homme en cravate délavée emprisonné derrière sa vitre, qui me regarde, yeux globuleux grandement ouverts, mais ne m’autorise pas d’avancer ne fut-ce que d’un pas alors qu’il ne fait absolument rien. Ajouté au fait qu’il est payé grâce aux opérations que j’effectue avec l’argent de la sueur de mon front, ce sont des envies de meurtre qui m’envahissent. Parfois je me dis que c’est parce qu’ils ont un boulot prisé qu’ils méprisent le reste du monde. « Au début, c’était pour nous séduire. Maintenant qu’ils nous ont, c’est fini. C’est comme la femme que tu ramènes chez toi », me confiera un autre client de l’Inter Bank, aigri.

Les banques au Burundi seraient ce lieu où tu ressors avec l’envie d’insulter tout le personnel, de faire des graffitis avec des citations irritantes qu’il faut accoler à leurs services, des mots pleins d’insultes… Grrr.

S’il y avait un conseil à prodiguer, ce serait qu’ils écrivent à l’entrée de chaque banque : « Si vous voulez que nous vous rendions la vie difficile, passez dans nos guichets ! Merci de garder votre argent chez vous ».  

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