Le 4ème round du dialogue inter-burundais se tient à l'hôtel Ngurdoto, Arusha © Yaga

Arusha : pour y faire quoi au juste ?

Le dernier round du dialogue interburundais tire à sa fin. Vu le profil des protagonistes de cette grande messe dite par Mkapa, faut-il s’attendre à grand-chose ? Pour le blogueur Anicet Nyamweru, « il ne faut pas se laisser distraire par Arusha.»

Nous connaissons tous les vrais protagonistes de ce match final qui se joue à Arusha. Qu’ils se rendent à Arusha  ou non, qu’ils se fassent représenter ou pas, qu’ils jouent la politique de la chaise vide ou pas, nous connaissons les forces et les faiblesses de chacun d’eux.

D’un côté, il y a une équipe composée par cette opposition radicale désagrégée et à l’agonie   et ses acolytes de la société civile, que je qualifie de pseudo société civile, eux aussi disparates et déboussolés. Cette  équipe malheureuse est noyée dans une infinité de partis  politiques qui pour la plupart n’existent que de noms et une pluie d’organisations de la société civile dont le bruit reste inaudible et sans effet.

D’un autre côté, il y a une autre équipe composée du gouvernement, du parti au pouvoir et ses alliés, une équipe on ne peut plus soudée,  tactiquement habile, une équipe qui a gagné presque la totalité des matchs qu’elle a livrés à domicile ou à l’étranger (dans l’EAC, à Addis Abeba, à New York, à Genève, à La Haye, … ), une équipe qui, fière d’avoir déjà remporté la coupe avant la fin de saison, attend de pied ferme la saison de 2020. Finalement une équipe  en position de force qui a toutes les cartes dans sa poche.

À Bujumbura la machine était déjà en  marche

Au Burundi, le dialogue inter-burundais a été couronné de succès. De l’Est à l’Ouest,  du Nord au Sud en passant par le Centre, le peuple burundais s’est déjà exprimé sur comment il veut que le pays soit gouverné. On ne le dira jamais assez, le peuple est souverain, vox pupuli vox dei. L’avenir du pays n’est pas l’apanage de la seule élite burundaise, encore moins des seuls hommes politiques, car le peuple a décidé de prendre en main son destin. En effet, en démocratie, une opinion d’un pauvre paysan de Bwambarangwe a le même poids que celle d’un professeur ou d’un docteur  qui a fait de hautes ou longues études à Bruxelles ou à Paris.   

Le rapport de ces consultations populaires a été donné aux instances habilitées, il ne reste que la mise en application de la volonté du peuple qui y est exprimée.  Par exemple, la révision de la Constitution pour lever des équivoques constatées dans certaines dispositions et pour l’adapter aux réalités du moment. Ce processus est en cours.

Les partis politiques ont les yeux fixés sur l’échéance de 2020 et chacun tente de gagner de nouveaux membres alors que, hélas, l’opposition radicale cherche à gagner la sympathie de l’électorat européen. Patriote plus que jamais, le peuple burundais a été sollicité pour financer lui-même les élections de 2020.  Après l’appel lancé par le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza, la population se mobilise, elle ne compte plus sur les aides des Occidentaux qui cherchent à peser sur l’issue des élections et qui coupent les robinets dès qu’ils constatent que leurs propres intérêts ne sont pas servis.

À quoi aura servi Arusha finalement ?

Toutefois, les assises d’Arusha n’auront pas accouché d’une souris. Les efforts de la facilitation régionale auront permis d’apaiser les esprits de ceux qui avaient été tourmentés par les turbulences de 2015, et les résultats sont tangibles : des milliers de burundais qui avaient fui le pays commencent à rentrer. Certaines femmes et hommes politiques qui avaient fui le pays sont déjà sur le territoire national et d’autres ont déjà annoncé leur retour incessant. Finalement, la messe d’Arusha aura permis de revivifier la confiance entre les différentes forces vives de la Nation et préparer un bon climat politico-sécuritaire pour les élections de 2020, pour que ces dernières  soient pacifiques, inclusives et beaucoup plus transparentes. L’opposition radicale, au lieu de se perdre dans des visions fallacieuses et des débats inféconds,  n’a qu’à  être réaliste et rattraper ce train en marche vers 2020.

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