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Je suis Umutwakazi, pauvre et stigmatisée

Les « Batwa » constituent la troisième ethnie reconnue au Burundi, et sont associés au peuple pygmée d’Afrique. Moquée, marginalisée, oubliée, la grande partie de cette communauté vit dans une extrême misère, matérielle comme psychologique.  La blogueuse Chancelle Bamuhaye a rencontré Ndaruzaniye, une jeune fille twa, à qui elle préfère s’identifier pour mieux raconter sa misère.  

Je m’appelle Ndaruzaniye. Je n’ai pas de prénom. Je suis Umutwakazi (nom collé aux filles pygmées «autochtones »  burundaises). J’ai entre 10 et 12 ans. En fait, je ne connais pas exactement mon âge. Et ma vie est différente de celle des enfants des Burundais. Chez nous, « Umurundi » est celui qui est soit hutu soit tutsi. Comme si les Twa ne font pas partie des Burundais.

Quand je ne vais pas à l’école, j’accompagne ma mère qui travaille dans les champs des Burundais tous les jours. 
Là, je dois garder mon petit frère, le porter sur le dos  quand ma mère est en train de cultiver. Quand le sommeil finit par vaincre mon turbulent frère, je le mets sous l’ombre d’un eucalyptus et moi je rejoins ma mère pour lui donner un  coup de main.

Le travail se poursuit jusqu’à midi, sous un soleil de plomb, parfois sous la pluie. À la mi-journée, nous prenons une petite pause pour le déjeuner. Des patates douces, sans légumes, ni haricots. Et ce n’est pas tous les jours qu’on parvient à en avoir. Des fois, il faut boire de l’eau, rien que de l’eau, pour reprendre la houe et retourner la terre jusqu’à 17heures.

Le soir je dois prendre du bois sec pour le feu. La nuit, parents  et enfants (petits et grands), nous nous retrouvons dans une même et petite pièce qui fait office et de cuisine, de salon et de chambre à coucher. Nous dormons ensemble sur une petite natte. 

Indisposés  de voir souvent nos parents dans leur intimité, deux de mes grands frères ont dû même quitter le toit parental pour la rue. 
C’est aussi l’une des causes des mariages précoces pour les jeunes filles Batwa, parce qu’elles se sentent gênées face aux parents qui n’ont apparemment pas d’autres loisirs que le sexe, et préfèrent alors se mettre en couple avec le premier venu.

A l’école…

Je suis en 3ème primaire. Aucun autre membre de la famille n’a été même en première année. Malheureusement moi aussi, je vais tout abandonner bientôt. C’est dur d’étudier le ventre creux. Je sèche aussi souvent les cours pour aider mes parents à la maison.

Certains de mes camarades de classe (Abarundi) ne tolèrent plus qu’on partage le même banc pupitre. Ils disent que je sens mauvais. Que je suis sale. Que mon accent du kirundi est bizarre. Ils se chuchotent des choses à chaque fois que j’entre en classe. Parfois je me dis qu’il vaut mieux rester à la maison, aider maman dans les champs, ou mon père dans la poterie, un métier qui se transmet de génération en génération chez nous.

J’aimerais un jour me réveiller et trouver tous les enfants Twa de mon village à l’école, acceptés, épanouis, avec la possibilité d’achever leurs études. Mais au vu des conditions dans lesquelles nous vivons, je pense que ce ne sont que des rêves d’enfant.

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Les commentaires récents (1)

  1. kenshi abitwa abatwa barisuzugura bakishira hasi kandi arabantu bafise vyinshi vyo guterera. bafise impano zitandukanye ariko kubera batubahuka guhaguruka berekane ko bashoboye bipfira aho. nivyo barakeneye kwitabwaho
    nta nyagupfa nta nyagukira twese turi bamwe.

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