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Octobre, le mois de l’hypocrisie au Burundi

Comme chaque année depuis 1994, octobre est un mois de recueillement. On commémore l’assassinat de nos héros nationaux, le prince Louis Rwagasore et S.E. Ndadaye Melchior. Pourtant, passée cette période, les grands discours passent tous à la trappe. Le blogueur Rivardo Niyonizigiye nous dresse un tableau peu reluisant du rapport hypocrite que les Burundais entretiennent avec les grandes figures de leur Histoire.

Chaque octobre, c’est toujours la même chose. 2017 n’y a pas fait exception. On verse les mêmes larmes. On suit les mêmes discours et les mêmes chansons éplorées. On voit les mêmes hommes, toujours, répéter les mêmes mots. Les activités sont suspendues. Comme tous les jours de commémoration de l’assassinat de ces grandes figures, les cérémonies se ressemblent : messes en leur mémoire, dépôt de gerbes de fleurs, discours du héros, discours d’un administratif… Suivant un même ordre, immuable.

Chaque année, ces deux grands hommes nous parlent. À la radio. À la télé. À haute voix. Et on semble écouter attentivement. On semble tout capter, tout intérioriser. On semble emporté par leurs mots, par leurs esprits. Le mois d’octobre semble être un mois de recueillement pour nous les Burundais. Un mois de remise en question.

Paroles, paroles

Pendant tout ce mois, les leaders politiques s’inspirent dans leurs discours des  paroles riches et inspirantes de nos chers disparus. Des paroles qui contiennent d’excellentes pistes de développement pour le pays, des appels à une politique sans discrimination ni division. Des messages qui prêchent l’unité, la paix, le courage, le développement, la démocratie, la justice, l’Etat de droit…

Malheureusement, passé octobre, c’est un tout autre langage qu’on entend. Après les cérémonies, on retourne faire la seule chose dans laquelle on semble exceller : propager la haine, le népotisme, la corruption, l’individualisme, etc. On se déchire. On s’entretue.

Inexcusables

Certes ces deux grands hommes nous ont quittés. Mais leurs corps se trouvent sur le sol burundais, pour lequel ils ont donné leur sang. Cela devrait nous inspirer.  Leurs esprits, œuvrer pour le développement du pays, leur détermination et leur envie de vaincre la haine devraient nous servir d’exemple. C’est déshonorant qu’à notre tour, on ne puisse léguer que les conflits, les malheurs et les vices aux générations futures.  

Nous n’avons pas d’excuses. Au lieu de se plaindre ou de s’accuser les uns les autres, il nous faut plutôt  penser aux objectifs inachevés de Rwagasore, y ajouter ceux de Ndadaye pour essayer de les mettre en action. Jeunes et vieux, sans exception aucune.

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