Photo d'illustration ©Iwacu

Ntahangwa : les « lamentations » d’une future victime

Les bords de la rivière Ntahangwa continuent à s’effondrer, les travaux d’urgence de stabilisation des berges de la rivière Ntahangwa semblent au point mort, et la psychose s’installe chez les riverains. Marc (pseudo), dont la maison a déjà un pied dans le gouffre, ne sait plus à quel saint se vouer…et raconte son désarroi sous la plume du journaliste-blogueur Egide Nikiza.

Bientôt, je vais assister impuissamment à l’effondrement de ma maison. C’est une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Plus les jours passent, plus approche la date fatidique, le moment où ma maison partira dans les flots de la rivière Ntahangwa. Malgré les immenses efforts fournis pour avoir ce logis, les privations, les crédits, je me vois bientôt à la rue avec ma famille.

Les berges de la rivière s’éboulent de jour en jour. Je n’ai pas le pouvoir de dompter la dévoreuse Ntahangwa. Elle est si puissante que seul l’Etat pourrait lui résister, et cela à coûts de plusieurs millions de dollars. Un montant que nous simples citoyens, nous ne pourrions disposer même si nous remuions ciel et terre.         

Nous l’avons assez vite compris. Depuis, mes voisins et moi n’avons cessé de crier à tue-tête. Nous avons toqué un peu partout. Au ministère en chargé de l’Urbanisme, à la 2ème vice-présidence de la République,… Où n’avons-nous pas été pour exposer notre problème ?   

En fin de compte, rien n’a bougé, même d’un pouce. De nos pleurs, nous n’avons arrosé que la terre.  Nous avons parlé dans le vide.

La lueur vite éteinte  

Même l’espoir né de l’annonce des travaux dits d’urgence de stabilisation des bords de ce torrent n’a pas fait long feu.  Il se réduit comme peau de chagrin. Le délai d’exécution a expiré sans que rien n’ait été fait au concret. Les travaux qui devaient durer trois mois, de juillet au mois de septembre derniers , sont actuellement au point mort. Seuls des gabions, inachevés, sont en ce moment posés au niveau du site de Kigobe sud, côté de l’avenue Mukarakara. Les ouvriers se plaignent aussi de ne pas percevoir leur solde à temps.

En outre, ils n’ont pas de matériaux en suffisance pour parachever le gabionnage, les pierres se font rares dans ce chantier. Et je suis encore étonné que les travaux n’aient pas débuté en aval au niveau du site de Mugoboka, encore plus menacé.   

Le boulevard du 28 novembre n’est pas épargné

Personnellement, je me dis que le temps n’est pas aux tergiversations. Les experts préviennent un éboulement éventuel du boulevard du 28 novembre. Je ne suis pas aussi intelligent comme eux pour le démontrer.

Mais Jean Marie Sabushimike, expert environnementaliste et professeur à l’Université du Burundi, indique que cette route va automatiquement suivre si ces maisons s’écroulent. J’ai gardé cette phrase en tête depuis que j’ai lu son interview.

Pour ce cas de figure, les autorités devraient réagir en conséquence et d’urgence. Quant à la gestion des autres désastres dans l’avenir, j’en appelle à l’action avant qu’il ne soit tard, comme cela risque d’être le cas aujourd’hui pour la rivière Ntahangwa.

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Recent Comments ( 2 )

  1. N’akabazo:
    « Nibaza ko le principal probleme ari financement. Il n y aura pas moyen de chercher de l’aide aupres des partenaires inteernationaux (GIZ, JICA, etc?) puis les connecter avec l’executeur gouvernemental? Il est vrai que l’on ne peut pas toujours compter sur l’exterieur mais il y a vraiment urgence. Surtout kw’imvura itasuye. »
    Murakoze

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