Les jeunes burundais devraient-ils continuer à écouter leurs aînés ?

Au Burundi, sagesse rime avec âge. Les jeunes sont souvent relégués au second plan dans plusieurs domaines de la vie courante, s’ils ne sont purement et simplement écartés. Le blogueur Franck Nziza s’inscrit en faux contre une façon de faire archaïque et contreproductif. Il en appelle à la jeunesse de prendre son destin en main.

Qui n’a jamais entendu la phrase : « les jeunes d’aujourd’hui, vous êtes fainéants. Vous savez, nous à notre époque, on était plus sérieux, on travaillait dur et on était concentré sur ce qu’on faisait, il n’y avait pas ceci, il n’y avait pas cela… ». Et alors ? Le monde actuel se soucie moins de la rigueur ou la méthode avec laquelle se fait l’apprentissage ou un travail,  ou encore moins de l’horaire. Bref la bureaucratie est morte.  Ce monde est beaucoup plus tourné vers les résultats. Il y a une recherche de compétences que de connaissances, de créativité que d’une reproduction en mode perroquet. Enfin, je ne vais vous faire un dessin. Chacun peut faire une description parfaite du monde actuel. 

Pour en avoir le cœur net, pas besoin d’aller très loin, il suffit de traverser la Kanyaru ou mieux arriver jusqu’à  Nairobi. Inspirés du modèle de la Silicon Valley, les startups naissent comme des champignons sauvages avec un environnement de travail des plus récréatifs mais productif. Tenez ! Patrick Nsenga Buchana, un jeune entrepreneur révolutionne le transport public à Kigali avec Tap&Go, un système électronique de paiement. Un seul exemple parmi tant d’autres.

D’un autre côté, pour que cela fonctionne  l’industrie de fabrication des intellectuels  doit suivre le mouvement.

« S’inspirer des meilleurs » doit -être la devise et le chemin vers le changement.
Et si Harvard, Stanford ou Cambridge produisent les meilleurs lauréats dans presque tous les domaines c’est parce que justement il leur inculque cette culture de débat, de la critique positive, de créativité, de libre expression, de recherche continuelle de la perfection, etc. Mais bon…même la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Cela étant, rien n’est impossible du moment que certaines universités de la sous-région s’incrivent déjà dans cette dynamique : Makerere University, University of Nairobi ou plus récemment university of Rwanda.

Au Burundi, une période de transition sans précèdent

La société burundaise a toujours associé l’intelligence et la sagesse à l’âge. Ce qui était parfaitement normal un siècle plus tôt car les connaissances se transmettaient de père en fils et de mère en fille. Actuellement le fait est que le monde a changé et notre société n’a pas bougé d’un iota. Conséquence on se retrouve avec des managers d’une autre génération qui, probablement, ne comprennent pas grand-chose des aspirations de la nouvelle génération ou tout simplement ne font aucun effort pour comprendre.
Pourtant les jeunes étant théoriquement ceux qui ont le plus d’années restant à vivre, la logique voudrait  qu’ils imposent leurs manières de faire aux inconditionnels de la Old school.

Ça doit changer

Des nouvelles technologies de la communication et de l’information à l’innovation en passant par les initiatives des jeunes parfois étouffées à l’état embryonnaire, rien ne doit plus se passer comme avant.
Une jeunesse souffrant de la maladie du copier-coller et acceptant les instructions souvent inconcevables ou injustes comme le Saint Sacrement correspond à un enterrement de l’avenir de tout un pays. Cela est d’autant plus vrai si ce pays compte plus de 50% de la population qui est jeune.

Chers jeunes, le changement de mentalité n’est pas de la tarte aux fraises. C’est un combat de longue haleine, un travail de titan. Et changer une société qui a fonctionné ainsi depuis la nuit des temps promet des pleurs et des grincements de dents. Dans tous les cas, personnellement j’aurai honte de raconter à mes enfants et mes petits-enfants que je n’ai rien tenté. Voilà ce que l’histoire retiendra de nous.

 

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