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Jeunes citadins recherchent des repères de vie…désespérément !

S’il n’existe pas au Burundi de ghettos à proprement dire, certains milieux défavorisés de Bujumbura (ou d’autres villes du pays) se prêtent presque à cette définition. Conséquences, les jeunes de ces quartiers semblent condamnés à l’avance à une vie misérable. Explications du blogueur Yves Irakoze.

Le Burundi n’a pas encore ses «quartiers difficiles » ou  ses « zones d’éducation prioritaires ». Le pays n’a en effet jamais connu d’émeutes de la faim, du chômage, ou suite à une bavure policière dans un quartier. Jusque-là. Mais cela ne saurait tarder au rythme actuel des inégalités dans l’accès à une éducation de qualité mais aussi et surtout à des « role models » qui inspirent les plus jeunes.

Il y a quelques années un directeur d’une prestigieuse école de Bujumbura félicitait un élève en ces termes : « Cet enfant est arrivé deuxième de sa classe, alors qu’il vient de la zone Buyenzi ». Certainement, il croyait bien dire. Mais ses propos sous-entendent qu’il y a au Burundi des quartiers où l’on est moins susceptible d’arriver deuxième de classe dans une bonne école, donc de devenir « quelqu’un ».  Et vous savez quoi, il n’avait pas tout faux ce chef d’établissement. Explications.

Horizons bouchés

Dans plusieurs quartiers, il n’y a ni bibliothèque, ni activités d’animation qui permettent aux ados de voir mieux que les réalités désespérantes de leur entourage. Et à leur âge, ils ne gambadent plus dans la boue, jouant à « kange » ou au foot avec un ballon en sacs plastiques. Ils ont envie de se poser, de jouer les gars et les go chics. Qu’ont-ils donc pour les occuper les après-midi après les cours ? Bah, rien. L’oisiveté étant mère de tous les vices, coucou la délinquance.

C’est au moment où un enfant né dans les quartiers dits huppés ne voit autour de lui que des aînés banquiers, médecins ou autres boursiers d’excellence de l’Etat,… L’adolescent de certains quartiers populaires ne comptant dans son entourage que des aînés dealers de drogues, renvoyés d’école ou mariés à la va-vite. Les quelques miraculés qui ont pu survivre à la vague ne sentent pas le devoir de s’engager dans leurs quartiers pour encadrer, encourager, tendre la main à leurs cadets. Dans des communautés en perte de repères, ils deviennent alors des modèles trop parfaits, et donc inimitables.

Il serait naïf (même caricatural) de croire que les deux raisons citées ci-haut sont les seules derrière cette vague de délinquance dans les quartiers des grandes villes du pays. Loin s’en faut. Mais toutes les interventions dans ce secteur devraient pouvoir offrir aux jeunes des « success stories » de gens de chez eux et de promouvoir un environnement qui leur permette de croire qu’eux aussi peuvent y arriver dans la vie. C’est le rôle de l’Etat, des médias, des artistes, des collectivités locales et religieuses. Et le moment d’agir c’est maintenant. Sinon, une génération entière se meurt sous nos yeux.

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Les commentaires récents (2)

  1. Malheureusement l’école est aussi génératrice des inégalités sociales. Le contenu de l’article concerne tout le pays, au-delà des « quartiers dits huppés » et des « quartiers populaires » de la capitale. Jugez vous-mêmes: les meilleurs au test national (9ème et 10ème) vont fréquenter les internats, comme d’habitude. ce sont des écoles qui présentent des opportunités par rapport aux écoles à régime d’externat. Sauf que dans trois ans il vont se retrouver de nouveau à l’examen d’Etat, avec des résultats dont l’écart est aussi prévisible, entre les deux catégories d’étudiants. Ce qui détermine la suite de la vie universitaire e,t partant, professionnelle. S’il ne s’agit pas d’inégalités sociales créées par la politique scolaire elle-même, dites-moi de quoi il s’agit!

    1. c’est une sélèction pour s’assurer de l’intelligence et des capacités intellectuels des futurs cadres du pays mais on ne veut pas nier quand mëm qu’il doit y avoir des inégalités!!

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