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Simon Ntamwana reste la voix de la raison au Burundi

La présence de Monseigneur Simon Ntamwana, l’archevêque de Gitega, à la prière œcuménique organisée par le CNDD-FDD du 16 au 18 août a soulevé beaucoup de questions. Le prélat « Sindumuja » se serait-il converti au CNDD-FDD ? A travers lui, l’Eglise catholique fait-elle allégeance au parti au pouvoir ? Dans cette analyse, le blogueur Jean Marie Ntahimpera tente d’apporter la lumière.

La confusion aura été totale.  Dans sa prière, Monseigneur Ntamwana a dit, « nous, les membres du CNDD-FDD ». Mais cela fait-il de lui vraiment un nouveau chantre du pouvoir ?

Il n’y a rien qui permettrait de l’affirmer. La participation de Ntamwana à cette prière est comparable, je crois, à la visite de Jésus chez Zachée, le percepteur d’impôt, ou chez les prostituées. C’est pour de telles gens, disait Jésus, qu’il était venu, et c’est peut-être les membres du CNDD-FDD qui ont besoin le plus des prières de Ntamwana. Pas qu’ils soient plus pécheurs que les autres, loin de là.  Comme dans d’autres partis, il y a beaucoup de gens innocentes, et une minorité qui fait beaucoup de mal pour protéger leurs intérêts. 

La nouvelle position de l’Eglise

Le discours prononcé par Ntamwana à cette prière montre à mon avis la nouvelle position de l’Eglise : comment dire la vérité sans faire trop mal ? Peut-être que ça a toujours été la position de l’Eglise, mais c’est plus difficile aujourd’hui, dans un contexte où la violation permanente des droits de l’Homme oblige l’Institution romaine à sortir souvent de son silence pour dénoncer les tares du régime. 

Ntamwana savait qu’il était surveillé  à cause de son opposition bien connue au troisième mandat. Il savait que ses paroles seraient décortiquées dans les moindres détails. Il a réussi le pari. Très courtoisement, il a donné des conseils aux membres du parti, des conseils qu’il donnerait à n’importe quels politiciens, même à ceux avec qui il aurait des relations plus amicales.  

Il a promis que l’Eglise catholique est prête à « épauler dans la recherche de la paix et de la coexistence citoyenne ».

Il a demandé à ses confrères de toutes les Eglises de « continuer de former à la non-violence et au bon comportement entre ceux qui partagent la même nation ». 

Et avec beaucoup de courage, il a rappelé la nécessité de respecter les droits de l’homme, de « mettre la personne humaine et son bien au centre de toute action politique ».

« Mettre au centre la personne humaine dans l’action du gouvernant fait disparaitre tout soupçon et toute peur… de la part du citoyen qui se sent satisfait et engagé dans la solidarité effective avec les autres », a-t-il dit.

La parole d’un sage

« Le Burundi, a-t-il ajouté, peut améliorer ses conditions de vie dans moins d’une décennie, si tous ceux qui y collaborent s’y mettent dans la vérité et dans la concorde. L’hésitation actuelle de la solidarité internationale peut très vite tomber et disparaitre, et faire place à une généreuse présence coopérant dans cette vigne que Dieu aime tant ».

En d’autres termes, la résolution des nombreux problèmes burundais incombe aux Burundais eux-mêmes, et surtout ceux qui sont au pouvoir. Inutile de blâmer l’Union européenne, le Rwanda ou l’ONU. 

Même dans l’adversité, dans des conditions de non liberté, devant un public hostile, Monseigneur Simon Ntamwana trouve les mots pour dire ce qu’il faut. 

Mais, sera-t-il écouté ?

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