Depuis quand le Burundi ne peut pas organiser un sommet des Chefs d’Etat ?

En date du 20 juillet courant, le secrétariat général du Marché Commun des pays de l’Afrique Orientale et Australe (Comesa) a rejeté la proposition du Burundi d’organiser le Sommet des Chefs d’Etat de cette communauté, prévu en octobre prochain. Selon notre contributeur Honoré Mahoro, cette décision n’est en aucun point surprenant contre un pays en mal de vision pour stimuler les investisseurs.

Dans cette correspondance, les raisons avancées par le secrétaire général du Comesa sont limpides et se passent de tout commentaire : le manque d’infrastructures et de logistique, dont un parc automobile quasi-inexistant pour les hôtes VIP, des hôtels à la capacité d’accueil déficitaire et une connexion à faible débit. Ayant besoin de devises plus que d’ordinaire, le Burundi a exigé l’ouverture d’un compte en devises à la Banque de la République du Burundi en vue de gagner les devises en monopolisant le change. Une contre-procédure selon le Comesa.

Pire, le président de la République qui devrait participer au précédent Sommet de 2016 n’était pas présent. Une condition sine qua none pour un pays qui prétend organiser un prochain sommet. Le Comesa a été ingénieux en écartant d’autres raisons plus discutables que politisées notamment la sécurité.

Des prétentions qui ne sont pas à la hauteur des moyens

L’estime de soi est bonne tant qu’elle n’est pas exagérée. Avant les années 90, le Burundi a organisé dans le temps des Sommets de grande envergure comme ceux de la ZEP, des Pays ACP, de la Francophonie. Par la suite, le pays a passé le reste du temps à s’investir dans la guerre fratricide laissant impossible toute mise en œuvre d’un projet d’infrastructures capable d’attirer les grands événements comme le Sommet du Comesa. Celles préexistantes, vétustes en l’état ou mal entretenues, ne répondent plus aux exigences de l’ère de la modernité. À moins que les prétendants organisateurs n’aient jamais visité les villes comme Arusha, Kigali, Entebbe, pour n’en rester que dans la sous-région, le Burundi semble ne pas faire le poids.

Nécessité d’un partenariat public -privé « PPP »

Pourtant chanté, le PPP est devenu seulement un slogan pour chérir les institutions de Breton Wood. Aujourd’hui, le Burundi doit savoir que pour investir durablement dans un pays, les hommes d’affaires doivent être chouchoutés, stimulés à investir et financer les grands chantiers. Plutôt que d’avoir des essaims de petits hôtels à Bujumbura, une ville moitié éclairée, les investisseurs peuvent épauler l’Etat pour se doter à la place d’un hôtel de ville « 5 étoiles » et un barrage hydroélectrique avec une grande production énergétique. Pour gagner leur confiance,

Les investisseurs doivent constater dans le pays des conditions favorables dont la sécurité de leurs investissements et la stabilité politique ainsi qu’un plan d’affaires qui imprime la vision de toute une nation.

Si de tels événements se tiennent dans un tel pays plutôt que dans un autre, nos dirigeants devraient comprendre que ce n’est ni au hasard ni par indulgence, mais que les prétendants doivent et avant tout satisfaire aux critères des organisateurs. Pour les convaincre, il faut disposer d’un ensemble d’infrastructures et d’un contexte qui y est favorable. Tout ce qui manque au Burundi, pour y prétendre, à moins de rêver.

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Recent Comments ( 1 )

  1. Post riche d’analyse, de vision, et en langue a jamais comprehensibles mais …………… « Akarimi kavuga inangore karagororoka ».

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