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Abdourahman Waberi : « Nous (les jeunes africains) sommes avant tout des êtres humains, pas des problèmes »

En marge des jeux de la francophonie tenus à Abidjan du 21 au 30 juillet 2017, des blogueurs burundais, ivoiriens et congolais ont participé à un atelier de formation d’écriture animé par le professeur Abdourahman Waberi, écrivain franco-djiboutien. Le blogueur Spageon Ngabo, un des membres du collectif Yaga, en a profité pour lui poser quelques questions.

Yaga : Comment appréhendez-vous l’attitude des jeunes africains face à la culture de l’écriture et de la lecture ?

Waberi : Les jeunes écrivains ont à la fois un désir profond, mais d’une autre part sont un peu déroutés. Ils n’ont pas les outils qu’il faut. Il y a plein de choses qui arrivent, notamment l’internet, et beaucoup de jeunes s’en imprègnent sans une formation suffisante. Ils ne savent pas distinguer les grandes et petites œuvres, s’approprier de ce qui est de chez eux. Par exemple, un grand nombre de jeunes connaît les grandes stars de la musique américaine, c’est bon, mais peu d’eux connaissent leurs grands frères écrivains africains, actuellement.

Pensez-vous que pour une jeunesse minée par des problèmes de la vie, en l’occurrence le coût exorbitant de la vie, le manque d’emplois puisse s’intéresser à l’écriture?

Waberi : Evidemment, il y a tellement d’autres problèmes. Mais non plus cette jeunesse a besoin de rêver, d’outils de réflexion. Aujourd’hui, je suis en train d’écrire un livre sur l’histoire de Thomas Sankara. J’espère que beaucoup de populations africaines pourraient s’inspirer de ce modèle. Toutefois, il ne faut toujours pas parler de nous en termes de problèmes. Car, avant tout, nous sommes des êtres humains, pas des problèmes. Si nous avons des défis, faisons-y face.

Des jeunes burundais se sont à un moment essayés à l’écriture.  Puis, ils ont baissé les bras, certains par manque de soutien. Comment peuvent-ils se relancer ?

Waberi : Il faudrait prendre l’exemple des anglophones, ils réussissent en participant aux compétitions internationales. Il faut aussi beaucoup investir dans ses performances et ne pas avoir peur de se lancer.

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