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La virginité est-elle nécessaire pour être « Miss Burundi » ?

La beauté, l’élégance, la chorégraphie, les votes du public, la teneur du projet ainsi que l’éloquence avec laquelle la candidate présente ses futures activités, voici quelques éléments qui sont pris en compte lors de l’élection de la Miss Burundi.  Mais depuis peu, la question de la virginité des candidates, censées porter haut les valeurs burundaises, se pose de plus en plus. Un faux débat pour le blogueur Franck Nziza.

Une certaine opinion considère la virginité comme un trésor indispensable bien que difficile à garder. Ange Bernice Ingabire, la miss Burundi en titre, considère que la virginité est très importante à préserver avant le mariage. Une opinion avancée lors d’un débat organisé par Yaga sur la virginité.

Et depuis quelques temps, certains commencent à se demander si la virginité devrait être un critère de sélection pour être élue Miss Burundi. Et oui, même si personne n’a  eu le courage  d’amener ce débat sur la place publique, dans les groupes Whatsapp ou Facebook, le sujet polarise les discussions.

L’événement Miss Burundi a repris depuis une année et les élues (Miss Burundi et ses dauphines) sont censées être les dignes représentantes de la beauté « Made in Burundi » et par conséquent  porter haut les valeurs traditionnelles burundaises. Et de surcroît, elles doivent incarner le meilleur de l’éducation de la femme burundaise qui a toujours fait la fierté ou la honte de la famille selon qu’elle était en « bon » ou « mauvais état ».

Ce qui nous ramène à une des composantes essentielles voire indispensable de ladite éducation: la virginité. Cela dit, l’eau a coulé sous les ponts et les choses ne cessent de changer. Faudrait-il qu’on garde contre vents et marées cette conception archaïque de la valeur d’une femme, qui tend à juger cette dernière à l’aune d’une membrane aussi traîtresse que l’hymen ?

La virginité des candidates ? Non mais, sérieusement !

Critère ou pas, tout cela dépendrait de ce qu’on cherche à obtenir en faisant ce concours de beauté. Si l’opinion trouve que chaque jeune fille qui rêve de porter un jour la couronne de Miss Burundi devrait faire un vœu de chasteté, on est parti pour des éditions qui devront  ne compter que de bonnes sœurs comme candidates dans le meilleur des cas.

Rappelons qu’Ornella Hatungimana, une des 18 candidates à l’élection Miss Burundi 2017 a  dû se retirer de la compétition. Ayant essuyé de vives critiques surtout en rapport avec un défaut de parallélisme de ses axes visuels, la désormais ex-candidate n’a pas supporté la pression et a décidé de jeter l’éponge. Imaginer si une des candidates devrait être critiquée à propos d’une question aussi intime que la virginité. Je vous laisser mettre en scène la situation.
À force de  vouloir tout avoir, on finit par mettre en péril même les acquis. 

Autrement dit si on parvient à la formule  « beauté avant tout » et que l’intelligence suit, le reste n’est que secret médical, à moins que la concernée décide de partager son intimité avec le reste du monde. Sinon, la compétition ne serait plus Miss Burundi, mais plutôt « Miss Pucelle Burundi », et là je doute qu’on aurait des candidates parmis lesquelles la burundaise lambda se reconnaîtrait.

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Les commentaires récents (3)

  1. Eduquer nos filles en les rendant conscientes de ce qu’elles ont de sacré, je le comprends et je ne fais pas autrement, mais c’est une question qui doit rester strictement dans la sphère privée, une jeune fille a droit a une vie privée. Quelle homme voudrait que la question de la virginité de sa fille soit débattue sur la place publique? Nous avons aussi un devoir de dignité qui comprend que l’on reconnaisse que le corps des jeunes filles leur appartient, même lorqu’il s’agit d’une candidate miss.

  2. Toutes les burundaises sont des miss qu’elles soient de belles tailles et formes borgnes et ou manchonnes. c’est une calamité occidentale que de trier nos filles pour les amener devant les hommes afin qu’elles s’exhibent comme étant plus belles que les autres; telle une foire des animaux domestiques, ou ce qu’on appelait dans le temps l’exposition coloniale: ce n’est pas rundi çà, uko n’ukwerura canke kwenyuza. Et le reste des filles sont elles des chiffons à jeter? je ne crois pas.

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