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L’unique centre hospitalo-universitaire du Burundi vivrait-il ses derniers jours ?

Le 1er Juillet 2017, le  directeur de l’Hôpital Militaire de Kamenge est décoré en reconnaissance de son travail et ses initiatives sans précédent au service du développement dudit hôpital. En même temps, deux autres hôpitaux de référence, dont le CHUK, se retrouvent dans le collimateur du Président de la République qui les critique et les met en garde sans se ménager.  Pour le blogueur Franck Nziza, médecin en devenir, cela constitue le dernier acte pour une institution qui va à vau-l’eau depuis un bon bout de temps.

Le Centre Hospitalo-Universitaire de Kamenge(CHUK) connu aussi sous le nom de l’hôpital Roi Khaled s’est encore une fois retrouvé au centre  d’une polémique. Le 29 Juin 2017, les infirmiers font un sit-in devant le Bureau du Directeur de l’hôpital pour dénoncer la rareté des médecins dans les services. Une goutte qui a fait déborder le vase, la mort d’un nouveau-né et sa mère en état critique alors qu’il n’y avait pas de médecin de garde en service de gynécologie-obstétrique. Un problème de communication affirme le Directeur du CHUK dans une interview accordée à la RTNB le lendemain de l’incident. Le Directeur reconnaît néanmoins le manque de  médecins et signale que les responsables au plus haut niveau sont informés à propos du problème. Trois jours plus tard, le Président de la République fait référence au CHUK, le décrivant comme un contre-modèle. Dans le même sac se trouvait l’hôpital Prince Régent Charles.

Comment en est –on arrivé jusque-là ?

Sur la liste des salariés, le CHUK est probablement l’hôpital où est concentré le plus de médecins spécialistes et pas n’importe lesquels, des grands professeurs qui ont formé la plupart des médecins en exercice au Burundi et même ailleurs. « Ici comme à Paris» comme on aime si bien le dire affectueusement.

Abritant la faculté de Médecine, le CHUK bénéficie d’un statut spécial et d’une dynamique offerte en grande partie par les médecins en formation que ce soit en médecine générale ou en spécialité. Depuis quelques temps, le programme de formation des spécialistes s’est arrêté et les postes qui étaient occupés par ces résidents sont restés presque vacants. De plus, la qualité de la formation ne cesse de se dégrader du fait de l’encadrement des médecins stagiaires qui laisse à désirer. Ceux qui devraient le faire ne le font qu’à minima, ou pas du tout. A cela s’ajoute le départ en retraite de certains médecins spécialistes dont la succession n’a pas été préparée.

Tout compte fait, personne ne devrait plus être surpris de voir le CHU (on doute s’il en est un encore) fonctionner mal. Plutôt il faudrait chercher le nœud du problème. Soulignons enfin que la diminution du nombre de médecins ne pourrait justifier en aucun cas la mauvaise prise en charge des patients. Autant optimiser les ressources disponibles, qui par ailleurs devraient pouvoir couvrir les besoins à condition d’en assurer une gestion rigoureuse et rationnelle.

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