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Habib Kundavyi : « L’Occident ne devrait pas être notre ultime destination»

Plusieurs jeunes burundais rêvent de partir en Occident pour y travailler et y demeurer le restant de leur vie. Habib Kundavyi, un jeune burundais âgé de 29 ans, né en Cote d’Ivoire et détenteur d’un master  II en Ethique appliquée à l’Université de Sorbonne (France), passe une année comme conseiller au ministère de la jeunesse, sports et culture. Il s’est confié à notre contributeur Honoré Mahoro sur les raisons qui l’ont poussé à  venir faire sa vie au Burundi.

Yaga : Qu’est ce qui t’as motivé à venir travailler au Burundi ?

HK : Avant tout, j’avais remarqué qu’en France, je n’étais pas chez moi. Je voulais donner un sens à ma vie en évitant qu’elle soit une vacuité. En Europe, il y a plusieurs diplômés, alors que l’Afrique et le Burundi en particulier ont besoin des personnes qui ont de bonnes compétences. A travers  l’histoire, ce sont les jeunes qui édifient leurs pays. Il était important de contribuer au développement du pays. L’autre raison, c’était de retrouver la chaleur familiale qui m’avait manqué depuis plusieurs années.

La décision de venir vivre au Burundi a-t-elle été la vôtre ?

Elle a été surtout personnelle. Mes camarades de Sorbonne n’y croyaient pas. Ils se demandaient comment je pouvais venir travailler dans un pays qui est 3ème ou 2ème sur la liste des pays les plus pauvres. Mes parents ne comprenaient pas non plus. Mon père s’interrogeait sur mes vraies motivations. Mais voilà, je viens de passer une année au ministère de la Jeunesse comme conseiller. Pour le moment je suis point focal du programme national pour le volontariat des jeunes. Je suis fier et je m’épanouie dans mon travail. Je ne suis pas déçu à propos de mon choix.

Le Burundi a-t-il des opportunités d’emploi pour les jeunes ?

Le Burundi a plusieurs opportunités. Pour nous jeunes, il nous faut être patients, se former professionnellement et attendre le jour J. C’est vrai qu’en Europe, on peut toucher de gros salaires, contrairement à notre pays. Mais en donnant un sens à son travail, il est toujours préférable de servir sa patrie. J’étais dans une formation en Chine récemment, on a découvert  que le chômage est un problème  mondial. L’avenir n’est pas aussi certain ni en occident, ni partout ailleurs. Les jeunes burundais doivent aussi se battre. Jusqu’aujourd’hui, je ne parle presque pas le kirundi, mais cela ne m’empêche pas de collaborer avec mes collègues et donner le maximum de moi-même pour offrir un travail de qualité à mes supérieurs.

Pourtant le taux de chômage au Burundi reste élevé…

Il revient  aujourd’hui aux jeunes de renverser la tendance. Nous avons des jeunes qui ne sont pas très dynamiques. C’est rare de trouver un travail bien payant à la sortie de l’Université. Certains vont jusqu’à détester les stages ou emplois contre un faible salaire. Mais je dois vous dire que c’est un passage obligé. Dans notre programme pour le volontariat des jeunes, il nous faut de plus en plus des jeunes qui sont utiles et qui pensent à apporter quelque chose dans leur communauté. C’est en réfléchissant et en travaillant assidûment  que nous parviendrons à réduire le nombre de chômeurs au Burundi. Aujourd’hui, je suis content de trouver qu’au sein de notre programme, il y a des jeunes qui l’ont compris et qui sont devenus des pourvoyeurs d’emploi grâce à leurs projets. C’est ce genre de jeunes que le pays a besoin et non celui qui attend son visa pour s’en aller pour de bon. 

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Les commentaires récents (3)

  1. Jeune homme, on peut aussi dire la vérité ? En France après l’obtention du diplome, tu as 6 mois maximum pour trouver un emploi qualifié ou quitter le territoire…j’y vis, j’y ai fait mes études et j’y travaille aujourd’hui. On arrête un peu de se faire passer pour un garçon ayant pris « ube décision difficile ». Tu risquais de te retrouver simplement dans une situation irrégulière. Pourquoi ne pas mentionner cet aspect dissuasif aussi pour rentrer apres ses études ? On arrête un peu avec ce « bla-bla.. »

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