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« La ville c’est trop dur, je me tire à la campagne… »

Qui vous a dit que vivre dans la capitale est une partie de plaisir ? Face aux vicissitudes de la vie citadine,  le blogueur Tanguy Irangabiye préfère celle de la campagne, jugée plus simple, plus abordable. Pour étayer sa position, il tente une comparaison entre les deux modes de vie.

Franchement, je n’ai jamais compris ces jeunes burundais qui quittent leurs foyers à la poursuite du mirage citadin. N’y a-t-il personne pour leur dire que Bujumbura, c’est surfait, dur, et franchement invivable ?

L’homme de la ville a toute une panoplie de challenges devant lui, qui jouent contre son épanouissement. Souvent le salaire n’arrive pas toujours à la date prévue, ce sont les découverts bancaires et les avances sur salaire qui lui permettent de joindre les deux bouts du mois. Côté environnement, c’est encore pire. Si ce n’est respirer un air vicié, pratiquement nauséabond à certains endroits, il lui faut évoluer dans un espace de béton et d’acier, sans aucune verdure, avec comme seul décor les immondices qui jonchent les rues.

Sa voiture (si jamais il en a une) lui sert à se déplacer mais est avant tout une source d’ennuis.  Oublions le carburant, les tours incessants au garage (ou à Buyenzi la sursaturée), l’activité physique devient une corvée. Ai-je besoin d’énumérer les conséquences ?

Jusque-là, les enfants n’ont pas encore dressé leurs listes de besoins, s’il a une famille. Comme c’est à Bujumbura, on choisit leur école avec soin, parce qu’il y en a plein, tant publiques que privées. L’enfant doit avoir au minimum deux paires d’uniformes scolaires. Avec une voiture à la maison, le fiston ne peut pas aller à l’école à pied (les parents déposent les enfants: c’est comme ça!) et il a un téléphone avec Whatsapp: voici les standards d’un enfant de la ville.

Qu’en est-il du Burundais moyen dit “paysan”?

L’homme de la campagne se lève en même temps que le soleil pour cultiver son champ. La peur de perdre son boulot s’il arrive après le chef, il ne connaît pas. Il a une incroyable organisation: il sait quand il faut faire quoi. Il n’a pas besoin de consulter une météo mensongère pour savoir quel temps il va faire.

Le découvert bancaire est le cadet de ses soucis. Quand il a besoin d’argent, il a le petit bétail prévu à cet effet, qu’il vend au marché. La marche à pied fait partie de son train de vie, il mange bio, il n’a pas de problèmes de carburant. Ses enfants vont à l’école publique et n’ont pas besoin de gadgets super chers. Ceux qui font l’externat n’ont pas le temps de dresser une liste de revendications, il y a suffisamment de travail à la maison au point d’épuiser tout leur temps libre: traire la vache, aller chercher du bois pour la cuisson, aller puiser de l’eau au marigot et moudre du maïs.

Tout compte fait, la vie à la campagne me paraît enviable à bien des égards. Si possible, j’irai vivre là-bas avec grand plaisir, une retraite définitive au grand air. Mais pour être franc, je ne sais pas si je suis assez fort pour lâcher Whatsapp et compagnie. Vous si ?

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