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La colonisation au Burundi: qu’un bilan négatif ?

Face à certains discours qui assimilent la colonisation à l’âge la plus sombre de l’histoire du Burundi, et africaine par extension, le blogueur Egide Nikiza veut apporter une nuance. La colonisation n’aura pas apporté que des maux, loin de là.

Au total, le Burundi a été privé de sa souveraineté pendant 66 ans. 20 ans sous la colonisation allemande (1896-1916) et 46 ans sous la puissance tutrice belge (1916-1962). Les Burundais ont été durant toute cette période dépourvus du principe sacro-saint des peuples de disposer d’eux-mêmes.  

Cette situation n’était pas particulière au pays des tambours sacrés. Inutile de languir à ce sujet. Il en était de même pour tous les pays sous le régime expansionniste.  

Le bilan de la colonisation présente une image duale. Autrement-dit, une bonne face et une mauvaise. A quiconque n’en conviendrait pas, je demande de ne pas m’en tenir rigueur. Les faits sont têtus.

La face brutale de la colonisation

Les colonisateurs furent violents vis-à-vis du peuple burundais. Et cela va de soi. Le Burundi n’était lié « aux envahisseurs » par aucun contrat. Les Burundais avaient à faire à un pouvoir d’occupation dont la violence physique était le moyen privilégié pour asseoir sa légitimité.

Les colonisateurs dirigeaient comme bon leur semblait : la chicotte, la déportation, des travaux forcés, la discrimination, la dénaturation de nos valeurs socio-culturelles, trop d’impôts… Ce n’est d’ailleurs pas l’ambassadeur de la Belgique au Burundi qui en disconviendrait«Dire que la politique coloniale du mandataire belge a eu des conséquences, c’est une évidence.» Et de nuancer : « Mais il faut le voir d’un point de vue historien, d’écrivain. Mais pas d’un point de vue politique actuel». Cela reste valable pour le bilan des Allemands.

Quid de la face civilisatrice de la colonisation ?

Il serait insensé tout de même de soutenir que la période coloniale, 66 ans durant, n’a rien profité à notre pays. En lisant le Burundi sous l’administration belge, un livre de l’historien burundais Joseph Gahama, on finit par s’en rendre compte.

Le pouvoir colonial a construit des infrastructures (écoles, hôpitaux, ponts, routes,…), lutté contre des épidémies (la maladie du sommeil dans la plaine de la Rusizi, le pian dont l’illustre roi Ntare Rugamba est d’ailleurs mort vers le début de la seconde moitié du 19ème siècle,…), etc.

C’est le même pouvoir colonial qui a introduit au Burundi, d’un côté, les cultures vivrières (la patate douce, le manioc,…) pour pallier à la famine récurrente dans les années 1930, ayant également encouragé la mise en valeur des marécages, jusque-là réservés aux pâturages. De l’autre, les cultures d’exportation, entre autres le café, le thé,…dont la part dans l’économie burundaise reste toujours incontestable.

Une reconnaissance partagée

Je ne suis pas le seul à porter un regard dual sur le bilan de la période coloniale. Dans son discours à la nation à l’occasion du 55ème anniversaire de l’indépendance, le chef de l’Etat a souligné que la colonisation a fait de bonnes œuvres «malgré les clivages basées sur les ethnies dont elle est à l’origine ».

Sur le 9ème point de son discours, il énumère des réalisations de la colonisation dignes de reconnaissance de la part des Burundais : «l’alphabétisation, la construction des écoles et des hôpitaux, l’introduction au Burundi des cultures industrielles comme le café, le thé, le coton,… »

Se mettre à soutenir qu’aucune bonne œuvre n’a été réalisée durant les 66 ans que les colonisateurs ont géré notre pays serait donc de l’ingratitude malgré les turpitudes de cette période.  Loin de moi l’idée de regretter la colonisation. Je ne l’ai même pas connue.

PS : J’ai insisté sur la période coloniale belge en raison du temps qu’ils ont présidé aux destinées des Burundais. Les Allemands eux n’auront formellement géré le pays que pendant 13 ans, à partir de 1903, après la signature du traité de Kiganda mettant fin à sept ans de guerre.  

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Les commentaires récents (2)

  1. les blancs n’aiment pas l’afrique.jusqu’à maintenant ils n’accptent que nous sommes deshommes créés comme eux.leur arrivée en afrique avait d’autres objectifs.

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