«Joconde Top Art and Design», trois artistes, un avenir prometteur

Jean Claude Irambona, Yves Manirambona et Kennedy Niyodusenga sont des jeunes entrepreneurs burundais derrière la petite entreprise d’art et de design « la Joconde Top art and Design» dans la province de Bubanza. Ces trois jeunes ont grandi ensemble, sont tous âgés de 27 ans et ont fréquenté la même école, l’ETSA Gitega (Ecole technique secondaire d’art). Cinq ans après sa création, la maison d’art fait travailler deux autres personnes et envisage d’embaucher d’autres personnes d’ici la fin de  l’année. Cette entreprise a remporté deux fois le 3ème prix national dans l’exposition nationale des œuvres d’art organisé chaque année et une fois le 2ème prix dans la compétition des jeunes entrepreneurs. Le blogueur Désiré Sezikeye a discuté avec un de ces jeunes artistes-entrepreneurs, Yves Manirambona.  

Yaga : Comment votre  aventure entrepreneuriale a-t-elle commencé ?

Yves : L’idée d’entreprise m’est venue avec mes amis  Claude et Kennedy quand nous étions encore sur le banc  de  l’école en 2010. A cette époque, nous étions à l’ETSA Gitega. Pendant les  vacances, on s’organisait pour dessiner des tableaux afin de gagner un peu d’argent qui nous aidera une fois retourné à l’école. C’est en septembre 2012 à la fin de nos études que nous avons décidé d’ouvrir les portes d’une maison spécialisée en art plastique, design et sérigraphie, parce qu’on avait déjà remarqué que la probabilité d’avoir un emploi après l’école était presque nulle dans les institutions publiques.

Pour commencer chaque entreprise a besoin des moyens…

On n’avait pas de moyens pour démarrer une entreprise. On disposait seulement de trois choses : le savoir faire, une somme de 50.000 francs burundais pour payer deux mois de loyer et un peu de matériel. Chacun de nous est parti chercher une chaise chez lui et l’autre une table et nous avons équipé la petite maison. Après quelques semaines, nous avons gagné des marchés qui nous ont permis de gagner plus l’argent et petit à petit nous avons acheté le matériel nécessaire et avons décidé de déménager vers une autre maison parce qu’on voulait ajouter d’autres services.  

Pourquoi  avez-vous attribué « la Joconde » comme nom à votre entreprise ?

La Joconde est un tableau de l’artiste italien Léonard de Vinci. C’est une œuvre qui a eu beaucoup de succès dans le monde. La célébrité  qu’a connue la Joconde nous a poussés à l’attribuer comme nom à notre entreprise, un peu comme un porte-bonheur. Et il n’a pas démérité : nous avons frappé à la porte d’une banque pour solliciter un crédit, et ce dernier nous a permis de nous développer. Puis nous avons eu le soutien de la part d’une ONG. Aujourd’hui, je peux dire que nous sommes dans la bonne direction parce qu’il nous reste une petite somme à rembourser.

Vos projets d’avenir…

Nous voulons développer notre entreprise dans la ville de Bujumbura et dans tous les coins du pays. Nous voulons aussi créer de l’emploi pour les jeunes chômeurs et introduire de nouveaux services.

En tant qu’artiste et entrepreneur, quels conseils donneriez-vous aux autres jeunes burundais ?

Aujourd’hui dans notre pays, trouver un emploi c’est devenu un casse-tête. Alors, les jeunes ne doivent pas croiser les bras en attendant un travail sans même savoir quand ça viendra et d’où ça viendra. Ils  devraient apprendre plutôt à utiliser leur savoir en se créant du travail. De notre part, les clés du succès sont la bonne collaboration, la fraternité, le fait d’être accompagné, la passion et l’amour de notre métier.

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