Feux de signalisation : Bujumbura dans la confusion

Il y a plus de dix jours, on a observé une jolie pagaille suite au lancement des tests sur les feux de signalisation en cours de  (ré) installation à Bujumbura. Les conducteurs  sont-ils aptes à décoder ces signaux? Que fera-t-on au passage d’une autorité ? Quid de leur durabilité ? Autant de questions que se pose notre blogueur Mwalimu Khadija Hussein.

On les avait longtemps souhaités. Enfin, ils sont là, les feux tricolores. Et certains citadins d’acclamer, de crier haut et fort, comme si on gagnait la coupe du monde ou comme si c’était du jamais-vu. Non, les gars,  on est en 2017. Soit, vaut mieux tard que jamais. Nous ne pouvons que saluer la venue de ces engins qui, espérons, viennent faciliter la circulation dans la ville de Bujumbura et alléger le travail des policiers, et leurs sifflets qui nous manqueront sans doute. Ces feux tricolores sont aussi censés contribuer à réduire le nombre des accidents dans différents  carrefours de Bujumbura, par une observation stricte du code routier.  Mais, au-delà de tout cela,  des doutes et des questions subsistent quant à leur efficacité si on ne prend pas d’autres mesures d’accompagnement.

On n’y voit que du feu

À Bujumbura, bon nombre de conducteurs ne connaissent rien de ces feux de signalisation. Certains n’ont même pas appris le code de la route. Ils se sont formés sur le tas ou ont eu leurs permis de conduire via des voies illégales. C’est clair donc que ces feux tricolores vont leur causer des ennuis, ils n’étaient habitués qu’aux fameux sifflets des policiers. A ceux-là s’ajoutent les « taxi-vélos ». Mon Dieu, ces fils du pays à la recherche du pain quotidien ! Ils ont quitté la campagne sachant à peine lire et écrire. Ces infatigables taxi-vélos sont devenus de véritables risk-takers, n’ayant pas peur de se bousculer au milieu des véhicules, motos, tuk-tuk et piétons, causant ainsi souvent des accidents. Vont-ils cette fois décoder et respecter  les messages de ces engins magiques?

Quid  de leur durabilité?

Si nous applaudissons la venue de ces feux tricolores, les habitants de la ville de Bujumbura se posent des questions quant à leur pérennité. Nous gardons en mémoire  le sort qu’ont subi les lampadaires implantés le long de certains axes de Bujumbura : toutes leurs batteries ont été volées,  aujourd’hui il n’en reste que des poteaux. Des mesures rigoureuses doivent être prises pour les protéger des voleurs, ou de toute personne  qui sera en passe de les cogner ou les abimer.

Qu’en est-il du passage des autorités ?

Des questions ? Il y en a encore des tonnes : qu’est-ce qui arrivera lors d’un passage d’une haute autorité? Vont-ils attendre que le rouge cède la place au jaune puis au vert ? Et cela pendant combien de minute?  Ou faudrait-il que les autorités passent dans d’autres axes routiers? La même question se posera quand il s’agira de laisser passer ou pas une ambulance, un camion anti-incendie ou des pick-up de la brigade spéciale anti-émeute ou de la  police d’intervention rapide ?

En tout cas, entre le respect du code de la route et les urgences sécuritaires ou de sauver des vies, il y a ce qui prime sur l’autre.   Bref la Police nationale du Burundi ferait mieux d’entreprendre des campagnes de sensibilisation et communication autour de ces feux tricolores pour apporter de la lumière à toutes ces zones sombres.

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Recent Comments ( 1 )

  1. Allez voir au Kenya, c’est pareil.Lors du passge d’une autorite, les policiers a proximite sont informes et viennet reguler manuellement le trafic. Il n;ya pas de probleme, surtout que ke traffic au kenya est mille fois plus important que celui de BJM.

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