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Derrière nos claviers, qui devons-nous être?

Les réseaux sociaux sont devenus un champ de bataille où on s’accroche, s’écorche, se maudit. La crise socio-politique que nous traversons n’est pas pour arranger les choses. Ces vers du blogueur Ezéchiel Ndayizeye interrogent la responsabilité individuelle de tout un chacun, quand on se saisit de nos claviers.

Ne serait-il pas intéressant de chercher à découvrir
La véracité de la parole de celui qu’on déteste le plus
Avant de saisir le clavier pour l’insulter ?

Ne serait-il pas raisonnable d’user de patience,
De prendre son temps avant de saisir son clavier
Pour déformer les propos de celui qu’on prétend connaître
Alors qu’en réalité on ignore complètement ses intentions.

Derrière ton clavier,
Tu es peut-être cette personne qui demande à être écoutée,
A être acceptée, à être comprise.
Le pire est que tu ne veux pas croire que de l’autre côté,
Ton compatriote réclame aussi la même chose.

Au lieu de t’écouter, tu t’étonnes qu’il t’accuse,
Qu’il te traite de mythomane. Et tu te fâches.
Peut-être que toi aussi tu devrais arrêter de l’accuser.
Tu es sûr que c’est toi le gentil homme ?
Revois tes messages sur Facebook, Twitter…
Tu m’en diras des nouvelles.

Quand tu agresses ton compatriote, tu ne le remarques jamais.
Mais quand il t’agresse, tu sautes sur le toit pour alerter le monde entier.
Toi, tu veux être entendu, tu poses des questions,
Tu fournis des arguments, tu expliques ce qu’il devrait ressentir
En s’attaquant à ta personne. Toi, tu ne veux rien sentir quand tu l’agresses.

Chaque jour, tu t’empares de ce qu’il dit pour faire de lui la risée des médias.
Son image est déjà ternie par ton action farouche derrière le clavier.
Tu en es fier au point où tu racontes cela à tout le monde.
Et quand il fait la même chose en retour, tu cries au scandale.
Lui, il n’a aucun respect envers les autres, toi si.
Lui, il n’a pas le droit de déformer tes propos, toi si.
Lui, il n’a pas le droit d’entrer dans ta tête pour dire ce que tu aurais voulu dire,
Toi si.
Tu as toujours besoin de son oreille, de sa tolérance,
Mais lui, à tes yeux, il n’a pas besoin que tu l’écoutes
Parce que de toutes les façons il a toujours tort.

Ne serait-il pas temps de commencer à se placer dans la peau
De celui qu’on accuse déjà, celui qu’on maudit tout au long de la journée
Sur les réseaux sociaux ?

Ne serait-il pas intéressant de comprendre que quelle que soit l’erreur commise,
On devait user de patience et de sagesse pour avertir le compatriote en ligne
Plutôt que de se presser à faire une capture d’écran pour au final
Le ridiculiser aux yeux du monde ?

Ne serait-il pas raisonnable d’interrompre toute conversation
Quand on découvre qu’on ne s’entend plus avec l’autre compatriote,
Plutôt que de se laisser emporter dans un débat puéril où injures et propos diffamatoires riment ensemble ?

Ne serait-il pas, enfin, responsable de se poser des questions du genre « ce que je vais dire, en quoi ça avance quelqu’un? Dans ce que je vais poster, suis-je sûr que je n’insulte personne ? Si on devait l’écrire à moi, l’accepterais-je avec un cœur ouvert? Humilier quelqu’un, qu’est-ce que j’y gagne concrètement ? »

Cher compatriote, je vous partage ceci,
Simplement parce que je crois qu’il est temps de comprendre
Que les violences physiques ne sont pas les seules
A être délogées de notre société.
Les violences que nous nous faisons nous-mêmes,
Sur les réseaux sociaux,
En nous blâmant ou en nous critiquant,
Sont aussi à mettre à la porte.
Communiquons comme des frères,
Faisons avancer un dialogue constructif.

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