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Bujumbura : comment on tue le business de la beauté et de l’image

La photographie et le maquillage sont les métiers les plus en vogue chez les jeunes de Bujumbura ces derniers temps. Une bonne chose en soi pour une jeunesse en manque d’occupation, mais le blogueur Tanguy Irangabiye regrette le fait que certains jeunes n’embrassent pas ces métiers par passion ou par nécessité, mais parce que c’est « à la mode».

Depuis quelques temps, il y a eu comme une vague d’amour ardent et soudain pour la photographie et le maquillage. Les signatures du type « Nom+Photography » et « Nom+MakeUp » sont vite devenues innombrables.

J’ai approché quelques jeunes gens pour savoir ce qu’ils trouvent d’attirant dans la photographie et les réponses que j’ai eues sont pour le moins impressionnantes et complètement différentes: 

« J’ai fait de la photographie mon gagne-pain. Les gens de mon quartier n’ont pas les moyens de se payer les services d’un photographe reconnu. Et là, je suis celui qui va à leur rescousse», confie Hugo (pseudo), jeune photographe résidant à Kamenge.

Et pour Gilles (pseudo), élève ESTEI, « être photographe a été une expérience extraordinaire parce que toutes les filles de mon école se ruent derrière moi pour que je les prenne en photos avec l’appareil que j’emprunte parfois à mon grand-frère. Ça rapporte toujours en terme de popularité. »

Le business de la beauté

Qu’elles soient branchées ou pas, les jeunes demoiselles de Bujumbura veulent ressembler au moins trois fois la semaine à Kim Kardashian ou Beyoncé en matière de maquillage. Chose très normale de s’identifier à une célébrité. Les pionnières qui ont compris ce principe se sont vite fait une place dans le domaine et aujourd’hui elles en savourent les dividendes: le moindre des maquillages coûte 10.000fbu et ça peut osciller autour de 50.000fbu selon les événements dans lesquels on est convié.

Malheureusement, aujourd’hui, il n’est pas rare de voir dans un groupe de dix jeunes filles, six se définir comme maquilleuses. Une concurrence qui pénalise les professionnelles. C’est ce que les gens de Bujumbura aiment appeler « tuer le business ». Mais quelles sont les raisons qui se cachent derrière cet engouement excessif?

Suivre la marée

« À la page », « à la mode », voici le leitmotiv d’une partie de cette jeunesse. Si je ne connais pas grand-chose au maquillage,  s’agissant de la photographie, je sais que ce n’est pas une sinécure et cela pour plusieurs raisons. Primo, pour prendre de bonnes images, il faut une exigence vis-à-vis de soi-même, une concentration et un bon bagage de prérequis. Secundo pour émerger, il en faut de la persévérance. Tertio, quand on n’est pas encore connu, la clientèle ne fait pas la queue et on doit apprendre à serrer la ceinture.  Entendre alors certains dire qu’ils la pratiquent pour attirer les jeunes filles me fait mal au cœur.

C’est dommage qu’il y ait des gens qui embrassent un métier juste pour se trouver une occupation et ainsi entretenir une concurrence déloyale envers les professionnels dudit métier. Et tant qu’il y aura des gens qui se contentent de suivre la foule, il n’y aura jamais d’essor pour personne.

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Les commentaires récents (2)

  1. « C’est dommage qu’il y ait des gens qui embrassent un métier juste pour se trouver une occupation et ainsi entretenir une concurrence déloyale envers les professionnels dudit métier. » Pouvez-vous être un vrai pro et se faire concurrencer sérieusement par des amateurs? Je ne vois personnellement rien de déloyal en tout cela.

    1. Faudrait plûtot démontrer la différence et les gens vont naturellement suivre… sinon chacun a droit de choisir son métier, ses loisirs, ses passe-temps,… Je pense que c’est en plus une bonne chose que ces jeunes expérimentent et s’exercent afin de se retrouver dans la vie.

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