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La victimisation, la récupération, le manque de leadership : ces maux qui nous hantent

Voici une profonde réflexion qui nous vient de l’universitaire Francis Rohero. Dans un long post publié sur son compte Facebook (qu’on reprend en partie ici), le jeune intellectuel s’attèle à une analyse intelligente de la société burundaise et des maux qui la hantent, avec en haut de la liste, la victimisation, la récupération et le manque de leadership.

En l’an 2000, on croyait qu’on avait évolué ou assez souffert.  On pensait tout naturellement que le problème était connu et que plus jamais personne ne viendrait se faire plus intelligent en annonçant le contraire. Si en sécurité d’Etat on a 50-50% de hutu-tutsi, si en institutions d’Etat on a 60-40% hutu-tutsi, alors le Burundi sera un havre de paix, et le développement sera une conséquence logique même en fermant les yeux.

Pourtant les signatures furent apposées sans conviction et surtout avec réserve, car la grande question était : « Ferai-je partie de ces chiffres au pouvoir ? ». Ainsi la grande énigme des autorités de ce moment était de pouvoir caser toutes ces personnes comme ministres, députés, sénateurs, ambassadeurs, directeurs généraux, … pour finalement calmer les désirs profonds de ces individus. La paix était alors « Umusesekara ».

Le peuple crut réellement à une solution, car si les chefs sont satisfaits, à forte raison les autres. En effet les chefs représentent les intérêts de plusieurs et sont garants de la stabilité, car s’ils ne sont pas satisfaits, ils ne peuvent que nuire. En toute logique les gens préfèrent une absence de conflit que l’ambition d’épanouissement qui finit mal. Ah oui, on a le choix entre le mal et le mal !

Eternel recommencement

En simplifiant le problème burundais à une histoire de quota, on oubliait qu’il est plus facile de satisfaire un chiffre qu’une valeur. À ce jour, les chiffres sont encore respectés, mais combien en sont-ils satisfaits ? Et les valeurs alors ?

Nous sommes à la veille d’autres élections, et à entendre les acteurs classiques, pile et face, pouvoir et opposition, nous faisons face au même défi : chacun ou chaque groupe définit à sa faveur le problème. Les définitions ont quelque chose en commun : le problème c’est l’autre, les autres, ce sont des terroristes, des antidémocrates, des génocidaires, des violeurs des droits humains … et nous, nous sommes des patriotes, des victimes, des démocrates, des défenseurs des droits humains. Un discours que nos grands-pères, nos pères, nos grand frères, ont prononcé, et que nous nous devons prononcer aussi car tout est clair comme de l’eau de roche.

Le temps du rassemblement

Mais il est plus que temps que ces  discours soient mis au placard. Le discours d’une vision de rassemblement des leaders doit prendre sa place et s’imposer aux filles et fils de ce pays. Les Burundais ont besoin d’être nourris, éduqués et soignés. Ils ont besoin de travailler, d’avoir un revenu, des logements et autres services. Ils ont droit à des libertés, à l’épanouissement, …, et peu importe leurs groupes ou différences.

Il n’y a que des leaders affranchis qui peuvent permettre cela dans la douceur, simplicité et clairvoyance. Rwagasore ne l’a pas fait parce que les belges l’avait permis, Ndadaye non plus parce que l’Uprona l’avait permis. Ce ne sont pas des millions de messages d’injures sur médias et réseaux sociaux qui changeront les choses, encore moins des violences qui finissent par détruire leurs promoteurs. Mais seulement un rassemblement d’intelligence, de compréhension des autres et de sacrifice personnel en avalant notre orgueil.

Mais rien de tout cela ne va empêcher aux extrémistes de tous bords d’exister j’en conviens, mais ils ne pourront plus se tailler le monopole de la maitrise de nos problèmes par de fausses définitions et partant de fausses solutions. En effet le silence peureux des leaders enfants-jeunes- adulte-et-vieux doit être remplacé par la clairvoyance et le rassemblement.  Occupons-nous à outrance de ce que « nous voulons » pour ce pays et pas de ce que nous déplorons ailleurs. Vivons notre espoir et non les injures des peureux. Rayonnons de sourires malgré les difficultés, ne nous plaignons pas chez les passants et badauds, construisons notre salut en silence.  Prenons conscience d’hier, d’aujourd’hui et surtout de demain.

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