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Pacifique Niyonkuru, parcours d’un boulanger visionnaire

Il n’a jamais baissé les bras malgré une enfance difficile. D’une famille modeste de Rukeco (commune Busiga, province Ngozi), l’étudiant en 2ème candidature en traduction et interprétariat, Pacifique Niyonkuru, âgé de 27 ans, voit sa boulangerie grandir plus vite que lui. Aujourd’hui, le jeune Niyonkuru est patron de 27 employés et dispose de huit points de vente des produits de sa boulangerie.

Sur la route Bujumbura-Ngozi, « Bueno apetito » est un de ces points de vente incontournables pour les détaillants de pain du centre de Rukeco (à 20 km du centre-ville de Ngozi). C’est là où atterrissent les pains chauds de la boulangerie de Niyonkuru, située à 200 mètres sur l’autre bord de la route. Une véritable entreprise où four, machines et stock sont ingénieusement disposés. Sacs de farine alternent avec bidons d’huiles, des pâtes à cuire et des pains prêts à être croqués.     

Le jeune Niyonkuru surveille tout processus avec attention. D’un ton amical, il coordonne comme un team leader et non un chef. Une attitude que ses employeurs apprécient beaucoup.

Après une visite guidée de sa boulangerie et  après s’être rassuré que tout est en ordre, c’est le moment des confidences.  Désormais, l’entrepreneur de bonne heure vit au rythme de sa boulangerie, entre dépenses et recettes : « Ici le travail est sans relâche. En plus de la surveillance des travailleurs,  je suis les mouvements de vente et de stock. Chaque jour, je dois utiliser en moyenne 500 kg de farine et 100 litres d’huile. À cela s’ajoute du bois de chauffage, les charges du personnel… »

Aujourd’hui, Niyonkuru est fier des avancées qu’il a réalisées en deux ans. En 2015, il a bénéficié d’une formation sur l’élaboration d’un plan d’affaires.  Premier de sa commune, il obtiendra par la suite un prix de 3 millions de nos francs dans un projet « Emploi des Jeunes Ruraux (EJR)», exécuté par le Programme de Développement des Filières (Prodefi).

«J’avais présenté un plan d’affaires pour l’extension de ma boulangerie. Au prix reçu, j’ai ajouté  une autre somme conséquente pour construire un grand four dans lequel je peux mettre 16 palettes ainsi qu’une machine à mixer la pâte. Le tout m’a couté autour de 11 millions de francs burundais», raconte le jeune entrepreneur.

Résoudre des équations à plusieurs inconnues

Depuis l’arrivée de son nouveau four, ses ventes ont augmenté exponentiellement. Fort de huit points de ventes dans Busiga et le centre-ville de Ngozi, Niyonkuru peut engranger quotidiennement entre 800.000 et 1.000.000 FBU de chiffre d’affaires.

Mais le jeune boulanger ne dort pas sur  ses lauriers, car pour lui, les défis ne manquent pas : « mes pains sont transportés à vélo sur plus de 20 km. Dans des conditions pareilles, la qualité diminue à l’arrivée. Je pense à acheter un véhicule».

Si Niyonkuru a plusieurs raisons d’espérer en  sa boulangerie, le courant et la pénurie du sucre lui posent des soucis : « je reçois cinq sacs de sucre au lieu de 20 par mois. Le courant on n’en parle pas. S’il n’est pas coupé, il est de faible intensité. Je compte dans l’avenir acheter un groupe électrogène ».

Ayant commencé très bas, après avoir vendu « tout » (son vélo, son smartphone,…), Niyonkuru garde les pieds sur terre. Son commerce prospère, et continue en parallèle à faire ses études.

Comme quoi le talent a toujours besoin d’être aiguisé par le savoir.

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