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Légalisation des couples en union libre : quid des foyers musulmans polygames?

En réponse au mot d’ordre lancé par le président de la République, le ministère de l’Intérieur  a annoncé récemment que les couples burundais vivant en union libre ou en concubinage ont jusqu’à la fin 2017 pour légaliser leur union. Le blogueur-journaliste Egide Nikiza s’interroge sur le sort des foyers musulmans polygames, principalement celui des enfants nés de ces unions.

Abdul Nzeyimana, 39 ans, est un mécanicien dans la zone de Buyenzi de la commune Mukaza en mairie de Bujumbura. Cela fait trois ans et demi qu’il a convolé en justes noces avec Khadija, sa seconde épouse. Il indique que ses deux femmes ne rivalisent pas entre elles. Et de confier que la deuxième a été choisie par Assoumpta, sa première femme. « Je les aime toutes, elles s’aiment entre elles et j’en suis aimé. »

Ce musulman fait savoir qu’il loue une maison pour chacune d’elles. «Assoumpta vit, avec nos trois enfants, à Buyenzi et Khadija, dans la zone de Kinama, avec notre bambin Yassine. » Il dit alterner le domicile toutes les deux semaines. « Je dois faire de mon mieux pour qu’elles sentent toutes ma présence.» Il laisse entendre qu’aucune d’elles n’en veut à l’autre ni à lui.

Nzeyimana s’offusque de l’appel à la légalisation des couples en union libre. Il estime tout de même que le gouvernement sera moins exigeant vis-à-vis des musulmans. Et de se demander l’avenir de Khadija, 23 ans et mère d’un enfant, au cas où il en serait séparé.

Ce que j’en pense

La légalisation de tous les couples en union libre est en soi une bonne décision. Elle présente des avantages sur les plans aussi bien social, économique que sanitaire, mais elle suscite en moi des interrogations dont j’ai du mal à trouver des réponses.

L’Islam autorise la polygamie. Un musulman dont les moyens le permettent peut prendre jusqu’à quatre femmes. Cela signifie qu’un bon nombre d’enfants, reconnus légalement, sont nés des parents dont la légalisation du mariage est impossible.

Cependant, comme la loi civile prime sur les convictions religieuses, les musulmans doivent pour ce faire observer scrupuleusement la mesure comme tous les Burundais. Pas de particularités quand il s’agit de l’application d’une loi. Du sort des femmes, je ne veux pas m’y attarder. Je pense plutôt aux enfants nés des 2ème, 3ème,… lits, donc en dehors de la loi.

Et de me poser plusieurs questions. Est-ce-que les femmes seront séparées de force de leurs maris ? Est-ce que l’ordre du ministre sera suivi de sanctions pénales pour les récalcitrants ? Le cas échéant, comment les autorités vont-elles gérer la question des enfants privés de l’affection parentale, de leurs pourvoyeurs naturels ? Est-ce que le gouvernement s’est préparé en termes de moyens pour faire face aux problèmes matériels et psychologiques éventuels ? De toutes les façons, les enfants en seront affectés. Et les femmes de même.

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Les commentaires récents (1)

  1. On ne dit pas mari quand I’ll ne s’agit pas de mariage legal. La polygamie est un délit, quelque soit la religion, donc une femme ou un homme qui accepte la polygamie doit s’attendre à faire face aux conséquences de son délit. Pour les enfants, je ne sais pas ce que prévoit la loi mais les enfants devraient être enregistrés sans tenir compte de la situation maritale de ses parents.

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