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Vivre et mourir dans un pays « sans intérêt », le Burundi

Roméo Dallaire, ex-commandant de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) en 1994, vient récemment de révéler que la Communauté internationale n’est pas intervenue pour arrêter le génocide au Rwanda parce que « ce pays ne représentait pas d’intérêt ni économique ni stratégique ». Le blogueur Landry Burundi se demande si ce cas de figure s’applique au Burundi depuis le début de la crise de 2015.

«Quand un pays ne représente pas un intérêt pour les Nations, on n’y intervient pas». Cette affirmation du Lieutenant Général Romeo Dallaire, le chef de la mission onusienne au Rwanda en 1994 m’a laissé pensif et m’a ramené à la situation qu’on vit actuellement au Burundi.

Le Général Dallaire l’a dit il y’a quelques jours, lors d’une présentation au Rwanda  devant un groupe de 24 officiers de l’armée et de la police issus de huit pays de l’Afrique de l’Est. Il expliquait sa désobéissance au Secrétaire General de l’ONU d’alors, Boutros-Boutros Ghali, qui lui intimait l’ordre de quitter Kigali alors que beaucoup de personnes en danger de mort attendaient son aide.

Ceux avec qui j’ai déjà échangé, qui se demandent toujours « pourquoi la Communauté internationale n’intervient pas chez nous après autant de victimes ? », peut être qu’ils ont maintenant la réponse : « on ne représente pas assez pour la CI».

Pas d’or, ni de pétrole

Par ailleurs, quelle mine d’or va-t-elle être souillée par les corps des innocents,  enfouis dans les fosses communes, pour venir la protéger ? Quel gisement de pétrole sera-t-il inondé par les flots de sang des victimes de Musaga, Buterere, Mugamba, … ?

Quelle cargaison de minerais les cadavres de la Rusizi ont-ils empêché la livraison pour voir des casques bleus (ou blancs) intervenir ? Mais peut être que notre tort est celui-là : une mort pas très coûteuse pour leurs multinationales. Certains me parleraient de Musongati et son Nickel, mais elle il faut d’abord qu’elle soit exploitable…

Nos petits frères et sœurs qui meurent de faim et de maladies  dans les camps de réfugiés en RDC meurent un peu trop loin de leurs côtes pour susciter leur émoi.

Mais peut être que le nombre des nôtres assassinés, torturés, exilés ou dont on ne connaît même pas le sort ne pèse pas autant que ces résolutions restées lettre morte parce qu’on ne « peut » (veut) pas les appliquer. Ou peut-être encore que les cris assourdissants des veuves et les pleurs des orphelins ne vous parviennent pas.

Je pense qu’il est temps de se rendre à l’évidence : les mesures prises ne sont pas assez persuasives !

Jusqu’à quand cette indifférence ?

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Les commentaires récents (3)

  1. Celui qui a des yeux pour voir qu’il n’empêche pas son oeil de regarger. En fait c’est comme la société internationale ne vient pas pour intervenir afin d’avoir la stabilité mais pour leurs intérêts. C’est domage mais c’est la réalité que nous ignorons de nos grands parents quand ils insistaient que le linge salle se lave en famille. Chers Burundais je vous jure « Uwambaye ikirezi ntabona ko cera ». Unissons -nous car ce qui nous unissent que vous connaissez tous est super important que ce qui nous sépare. De cela nous allons construire un pays de paix et de stabilité. Notre ennemi est l’égoisme. Combattons -le!

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