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Bujumbura et ses journées foutues

Le quotidien du Bujumburien lambda semble être devenu une succession de déconvenues. La blogueuse Elodie Muco nous raconte le cours d’une journée dans la capitale du pays des mille et une collines…

Tu te lèves le matin et tout semble normal. Normal dis-je ? Ça dépend de ce que vous appelez normal. (Selon le dictionnaire Larousse, Normal signifie : qui est conforme à une norme, qui est courant, habituel). Mais conforme à quelle norme ? Habituel par rapport à quoi ? Par pitié, qu’on nous dise d’abord à quel moment l’anormalité commence. Bref, tu te prépares pour aller travailler, mais normalité oblige, tu passes une demi-heure à attendre qu’un bus pointe le bout de son nez. Quand il daigne enfin parvenir à l’arrêt-bus,  il ne reste qu’une seule place, la petite place à côté du convoyeur. Tu montes, tu n’as pas le choix car tu es déjà en retard. Tu serres les dents quand le convoyeur s’assoit sur toi car, chose normale au Burundi,  il a dépassé le nombre de passagers.

Entre les cahotements du bus qui te poussent sous l’aisselle malodorante de ce convoyeur et tes sorties incessantes du véhicule pour laisser sortir ceux qui arrivent à destination, tu finis enfin par atterrir en ville. Dieu merci, on n’a pas barré la route ce matin parce que Son Excellence devait passer. « Qu’est-ce que j’aimerais avoir ma propre voiture ! » Et là tu te souris à toi-même : « Rappelle-toi les files dans toutes les stations essences, Elodie». Finalement, je suis presque contente de ne pas en avoir une. C’est désolant qu’on en arrive à réfléchir dans ce sens. J’en suis la première consciente. Te voilà dans ton bureau, tu déposes tes affaires, tu vas brancher ton ordinateur et là tu réalises qu’il n’y a pas d’électricité. Tu te prends la tête dans les mains et tu vocifères tout haut, tu jures à haute voix. Stop Elo. Une fille ne doit pas jurer. Respires un grand coup, ça va aller. Il y’a pire que ça tu sais ?

Pire que ça disais-je ?

A ce moment-là, tu en veux à la terre entière. A contrecœur, tu éteins ton ordinateur pour ne pas gâcher le peu d’autonomie qui reste et qui va peut-être te permettre de recharger un peu ton téléphone. Tu notes quelque part dans ta tête qu’il faudra penser à acheter un groupe électrogène. Et tu vas l’alimenter avec de l’eau? Ma pauvre, rappelle-toi, pas d’essence. Tu restes là à attendre que le courant revienne. Une heure passe, deux… Tu finis par remballer tes affaires et tu décides de retourner travailler chez toi. Le soleil est maintenant haut dans le ciel et il fait une chaleur torride. Ton sac sur le dos, tu retournes en ville accompagné par les gargouillis de ton ventre. Oui, tu n’as pas pris de thé avant de venir, le sucre coûte une blinde maintenant.

Arrivé en ville, tu pousses un soupir de dépit. Seigneur, aies pitié de moi ! De longues files de gens qui attendent le bus s’étendent devant toi.  Prendre un taxi ? Inimaginable. La course coûte les yeux de la tête avec cette pénurie de carburant. Tes épaules commencent à s’affaisser sous le poids de la chaleur et de ton sac à dos. Tu te places derrière les autres dans la file et tu attends. Tu attends un bus dont tu ne sais même pas s’il viendra ou pas. Enfin, au bord de l’évanouissement, tu parviens à en avoir un. Mais le malheur ne venant jamais seul, arrivé chez toi, on te dit qu’il n y a pas d’eau pour prendre ta douche qui allait rafraîchir ton corps, alléger ta tête, soulager ton âme et assoupir ton esprit. A cet instant précis, tu reprends intérieurement sans t’en rendre compte la réplique de Jésus de Nazareth sur la croix : «Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?». Une journée entière foutue, tombée à l’eau.

Malheureusement, elle n’était ni la première, ni la dernière.

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Les commentaires récents (1)

  1. tus l burunds qui vivent dans ce calvaire j aimers vus dir que quand on soufre aussi intenssement on doi pa prdre espoir si la vie dvait egaliser tou l vie kotidien du mond entier j pnss k on vivr dns l paradis m s pas l ka la vie e injust mais aussi on doi pa oulier k on dvr nous lss un peu d espoir pur l suit on en s rien peut etr k ca pour etr bon

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